Retranscription du Tuyau, numéro 10, page 4 (16 septembre 1915)

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le même communiqué un aéroplane allemand aurait été descendu à Calais, des aviateurs allemands auraient lancé des bombes sur Saint-Dié et Gérardmer. Une escadrille française a lancé des bombes sur la gare et les établissements militaires de Fribourg-en-Brigau. Des aéroplanes français ont essayé de détruire les gares de Sarrebourg, Pont-Faverger, Warneryville, Turgnier et Lens, un dirigeable a fait un raid sur Péronné (comme du 7 sept 20h).
De son côté le haut Etat Major allemand annonce le 8 7bre qu'un aéroplane français a été descendu au Nord du Mesnil, à la suite d'un combat dans les airs.
Le 9 7bre qu'une escadrille de dirigeables a survolé et bombardé les docks et le port de Londres, tandis que des aéroplanes survolaient Nancy.
D'après le communiqué français du 9 7bre (15h) 50 obus ont été lancés par nos aéroplanes sur la gare de Challerange, un dirigeable a bombardé dans la nuit du 8 la gare de Nesle, d'après le comm. du 10 (15h) des expéditions ont été dirigées par nous contre les gares de Lutterberck et de Grandpré tandis que des aviateurs allemands bombardaient Compiègne et que d'autres essayaient en vain d'approcher de St Manchould. Un aviateur allemand a atterri dans nos lignes à Angst en Santerre.
3°Front italien.
Aucun évènement sensationnel à signaler sur le front italien. Une dépêche de Lugano en date du 6 7bre, annonce au Berliner Tageblatt que le général Joffre est venu en Italie rendre visite au roi et au général Cadorna. Il est resté deux jours au Haut quartier général italien et a visité les pincipales positions occupées par nos alliés.
II La diplomatie
1° Les Balkans
La situation est toujours aussi obscure dans les Balkans. On nous a annoncé une fois de plus cette semaine la signature du traité Turco-Bulgare. Mais la nouvelle, envoyée à la presse allemande le 9 7bre, par le correspondant de l'agence Wolf à Sofia n'est pas donnée par lui comme officielle. D'autre part, d'après une dépêche adressée de Lugans ay Berliner Tagblatt le 7 septembre, la Serbie serait prête à céder à la Bulgarie les territoires que celle-ci convoite à l'Est du Wardar. Et Mr ? aurait gagné au principe d'une conférence balkanique les gouvernements bulgare, serbe, grec et

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Le Mystère de la femme au Poignard

Chapitre III - Le Bar des Mominettes

Enfin débarassée des chantiers qui en ont fait longtemps un des plus beaux trous de Paris, la place St Michel a repris cet imposant aspect que domine de magistrale façon, sa majestueuse et cascadante fontaine. Et n'était cette minuscule station de chemin de fer que l'on dirait sortie d'une boîte à joujoux, ces bouches béantes de "Métro" que signalent à l'attention des ornements dont l'efflanquement et les contorsions sont comme l'image des souffrances qui attendent dans l'antre, les malheureux voyageurs, ces panneaux criards et ces transparents lumineux conviant aux étouffants délices du cinéma les foules en mal d'économiques émotions, on pourrait par certains soirs, alors que le crépuscule jette une ombre propise sur ce quartier qui a malgré tout conservé quelque chose de médiéval, se laisser aller à évoquer le passé.
Ainsi pensait Aubemont par cette fin de journée de septembre, embrassant d'un coup d'oeil ce décor, après avoir furtivement, du haut du pont, admiré, se ? dans les eaux lisses du fleuve, les dernières lueurs du couchant. C'est à peine si ce tableau qui d'ordinaire le retenait rêveur et contemplatif, avait aujourd'hui fixé son attention et il aurait donné beaucoup, en effet, pour pouvoir évoquer le passé dont les souvenirs, qu'il remuait constamment, lui étaient chers, et chasser les obsédantes pensées qui lui tenaient depuis la nuit le cerveau en ébullition. Plus d'une fois durant le jour, ses yeux détachés de ses travaux s'étaient fais hagards, dans le vide, comme s'ils découvraient toujours sur la pendule, les traces sanglantes dont il n'avait pu encore éclaircir le mystère.
Six heures sonnaient aux carillons voisins lorsqu'il pénétra sous la voûte qui de la place conduit à la rue de l'Hirondelle. Cette rue, ou plutôt cette ruelle, étroité, cahoteuse, bordée de bâtisses font les façades grises et craquelées ajoutent à son aspect sinistre estn dans le jour, peu fréquenté, le soir, elle est pour ainsi dire déserte. Seules, par une porte basse, débouchant sur le trottoir, entrent ou sortent de temps à autre quelques silhouettes énigmatiques. C'est cette porte que quelques instants plus tard, Aubemont poussa d'une main ferme. En bon Normand, il connaissant l'endroit pour y être venu souvent, alors qu'il menait la vie d'étudiant, déguster le cidre doux et le brûlant "flipp" qui faisaient encore la réputation de la Maison. Un fort