Retranscription du Tuyau, numéro 10, page 5 (16 septembre 1915)

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roumain. (Dépêche envoyée de Salonique au Berlingste Tilende 10 7bre)... Alors?
2°Amérique et Autriche
Le gouvernement des Etats-Unis a, par une note ferme mais non comminatoire, prié le gouvernement autrichien de vouloir bien rappeler son ambassadeur à Washington, le docteur Dumba. Ol lui repproche d'avoir de son propre aveu essayé de provoquer des grèves dans des fabriques américaines, et d'avoir en outre confié une lettre secrète pour le minsitre des affaires étrangères autrichien à un journaliste américain, partant pour l'Europe avec des passeports donnés par le gouvernement américain, ce qui était rendre, malgré lui, ce gouvernement complice d'une violation de neutralité aux yeux de la Quadruple Entente.
D'après les renseignements donnés par le Berliner Tageblatt, le docteur Dumba se serait fait fort d'arrêter momentanément, ou même définitivement la production des armes dans les grandes manufactures américaines, particulièrement dans celle de Bethleem. Il aurait écrit dans ce sens à son ministre et confié la lettre au journaliste américain ? Mais celui-ci débarquant à Talmouth fut arrêté et fouillé par la police anglaise. On trouva sur lui le document compromettant dont copie fut envoyée au gouvernement américain. D'où litige.
III Divers
1°L'aviateur suisse Audemans a battu jeudi 9 7bre le record de la hauteur aéroplane. Parti à 3 heures du champ d'aviation d'Issy les Moulineaux, il a atteri une heure plus tard à Villacoublay après s'être élevé à 6 600m (Record anrérieur : Legagneux 6 210m)
2°Un aviateur allemand survolant le bourg alsacien de Chavannes sur l'Etang, a laissé tomber une couronne avec cette inscription : "A Pégour, mort en héros, son adversaire."
L.Calvet

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gaillard, ventru et haut en couleurs, appuyé au comptoir et causant avec un petit jeune homme attablé seul devant les énormes tonneaux qui tapissent les murs, lui adressa le sourire entendu et accueillant qu'on réserve aux vieilles connaissances. Aubemont n'avait cependant pas pénétré depuis longtemps dans ce réduit sui, ouvert tout d'abord par ce Normand de race à l'usage de ses compatriotes désireux de trouver pure la boisson de leur province, n'avait pas tardé, de par sa position même, retirée et discrète, à devenir le rendez-vous de jeunes viveurs, de sémillantes grisettes et de pâles éphèbes souples, sveltes et celtipyges. A son commerce de cidre s'était joint celui des liqueurs et des cocktails à la mode et l'établissement, connu longtemps comme le "Rendez-vous des gars du Calvados" se nommait maintenant du nom de "Bar des Mominettes".
En commerçant finaud et que n'étouffent pas les scrupules le bon normand avait vu sans émoi s'effectuer cette transformation qui flattait ses goûts à la paresse et au gain facile. Il recevait avec le même sourire bienveillant ses clients jeunes et vieux, hommes, femmes, adolescents et sautillants vieillards qui persistaient à vouloir demeurer toujours verts. Il ne s'avança pas au devant d'Aubemont qui, après lui avoir distraitement rendon son salut et parcouru la salle d'un inquisiteur coup d'oeil, fut étonné de n'y trouver que ce petit jeune homme frêle, à face blême, aux yeux trop brillants et la bouche trop rose. Pourtant le rendez-vous était formel et l'heure nettement indiquée... Alors ?... Tout en s'asseyant et en n'adressant que des réponses évasives aux insidieuses questions du patron qui croyait devoir s'intéresser à la nouvelle existence de cet ancien client, Aubemont pensait qu'il pouvait être une fois de plus l'objet d'une mystification, lorsque soudain, la porte brusquement s'ouvrit et livra passage à un jeune homme qu'il reconnut aussitôt pour l'avoir rencontré dans quelques-unes des salles de rédaction qu'il fréquentait encore et s'être même souvent intéressé à sa vie qui ne manquait pas de pittoresque. Seul rejeton d'une famille donc les discordes avaient longtemps défrayé la chronique, il avait eu une enfance solitaire et une adolescence lachée, sous l'insuffisante surveillance d'une oncle quelque peu paillard, qui, s'il ne l'aidait pas souvent de sa bourse, lui prodiguait en revanche des conseils dont l'influence sur l'imagination de l'enfant n'était pas toujours salutaire. Cet homme qui, jouissant de revenus personnels avait trouvé dans la magistrature assise la carrière la plus propre à satisfaire ses goûts de flâneur et de dillettante, avait tout