Retranscription du Tuyau, numéro 14, page 2 (14 octobre 1915)

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Pour ceux de nos camarades nouvellement arrivés, nous tenons à rappeler le but de la Caisse de Secours:
La Caisse poursuit un but d'aide mutuelle, les fonds qui proviennent en majeure partie des prisonniers, retournent entièrement aux prisonniers, sous forme d'amélioration de l'ordinaire des convalescents, adoucissement de l'existence de nos camarades à l'hôpital et... d'une façon générale, la Caisse s'efforce dans la mesure de ses moyens de compléter l'oeuvre des Sociétés de Secours. Elle est créée depuis peu, aussi ses ressources ne sont-elles pas encore très impportantes, mais les dons de nos camarades sont de plus en plus importants et grâce à eux bien des misères pourront être secourues.
P.Caron

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Les Grands faits de la Semaine (3-10 Oct. 1915)

I° La Guerre
1° Front occidental. Peu de choses à signaler sur le front occidental, les combats continuent en Artois, où les Allemands ont repris, près de Loos, une partie d'un ouvrage important qu'ils avaient perdu le 25 7bre, la redoute Kohenzollern (comm. ang. du 5 oct.) et en Champagne où les Français se sont emparés du village et de la colline de Tahiere, un des points d'appui de la 2e ligne allemande, à 3K environ de la voie ferrée Challerenge-Apremont (comm. fr. 6 oct.). Dans les airs, nos aéroplanes ont bombardé le 2 octobre les gares de Challerenge et de Laon, les villes de Vouziers et de Luxembourg; le 14 octobre la gare des Sablons à Metz; les Allemands de leur côté ont envoyé une escadrille survoler Châlons s/Marne et ont capturé près de Rethel le dirigeable "Alsace".
Mais en somme, on peut constater un certain ralentissement dans les opérations militaires. A quelles causes faut-il l'attribuer? Au muavais temps d'abord. L'automne est pluvieux en France comme en Allemagne, et le sol détrempé de la Champagne se prête mal à une offensive. Puis les Allemands ont amené des renforts et leur résistance se fait plus âpre que dans le désarroi des premiers instants. Enfin les retranchements ennemis de 14 lignes devant lesquels nos soldats sont arrivés, sont extrêmement forts. Ils ont été construits et consolidés à loisir et on ne peut espérer les enlever du premier coup à la baïonnette. Il faut du temps, une longue préparation d'artillerie à laquelle l'état-major procédera sans doute quand l'heure lui semblera venue. Et cette heure, je suppose,n'est pas encore sonnée.
Au surplus, l'opinion publique en France paraît être très calme. Le "Journal de Genève" une des feuilles suisses qui connaissent le mieux notre pays le constate, dans un article reproduit par le "Berliner Tagblatt" du 4 octobre, et il donne les raisons qui justifient d'après lui cette tranquillité: "On est très patient à Paris, dit-il, on sait que l'Etat-major a poursuivi, en attaquant un double but. D'abord expérimenter des méthodes nouvelles, pour venir à bout des fortifications de campagne. Ensuite refouler le plus loin possible les Allemands. La deuxième partie de l'opération est encore en train. Elle demande du temps, et après chaque succès statégique, une nouvelle préparation d'artillerie. Les résultats donnés par la nouvelle tactique adoptée promettent le succès.
2°- Front oriental - L'effort allemand semble pour l'instant se porter contre Dunabourg (Dwinsk). Mais la place protégée par les eaux larges et torrentueuses de la Duna, défendue énergiquement par les Russes, résiste malgré quelques succès partiels de l'ennemi, à la grosse artillerie de Hindenburg.
Au sud de Swinsk, dans la région des lacs, les Russes maîtres des chaussées, ont arrêté l'offensive allemande, et sur nombre de points passent eux-mêmes à l'attaque. Du côté de Smorgon (sur la voie ferrée de Vilna à Minsk) au sud-ouest de Pinsk, en Walkyrie et en Galicie, les communiqués autrichiens et allemands nous signalent des attaques russes fréquentes précédées souvent de violents