Retranscription du Tuyau, numéro 14, page 3 (14 octobre 1915)

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bombardement, dégénérant en corps à corps acharnés et qui pour n'avoir pas encore réussi prouvent néanmoins
a) qu'après 5 mois de défaites la force morale de nos alliés n'est pas encore brisée
b) que la crise des munitions en Russie ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir.
3° Front Méridional. Italie. Combats sur différents points du front sans avantage sensible de part ni d'autre.
Dardanelles. Rien à signaler
Serbie. - Depuis jeudi soir les communiqués impériaux contiennent une nouvelle rubrique: Theâtre balkanique de la guerre. L'offensive austro-allemande contre la Servie a commencé. On en parlait depuis longtemps, mais justement parce qu'on en parlait beaucoup, personne n'y croyait guère. Elle a lieu pourtant. Et voici les armées austro-allemandes parties, à travers la Serbie et la Bulgarie, pour Constantinople.
C'est le général Mackensen qui dirige les opérations. Des armées nouvelles ont été formées de contingents allemands et autrichiens. D'après les derniers communiqués, elles auraient traversées en plusieurs points la Save et le Danube, et occupé Belgrade, après avoir eu à soutenir de violents combats dans les rues de la ville contre les arrière-gardes serbes. Rappelons pour mémoire que la ville de Belgrade est dans un situation particulièrement dangereuse pour une capitale. Elle se trouve sur la rive droite du Danube face à la Hongrie si bien que le prélude inévitable de toute invasionen Serbie est l'occupation de Belgrade. Rappelons aussi que la Serbie a déjà été envahie en Décembre 1914 par les troupes du général autrichien Potirek. Mais les Autrichiens, après avoir pénétré assez avant à l'intérieur du pays furent refoulés et expulsés par les troupes serbes, et le roi Pierre, quelques jours après avoir quitté sa capitale put y faire une rentrée triomphale.
Depuis le mois de Décembre, les Serbes n'ont plus été inquiétés. Mais après avoir repoussé l'ennemi du dehors, ils ont eu de durs combats à soutenir contre l'ennemi du dedans. Le Typhus exathématique a sévi dans la population, et il a fallu toute l'énergie d'une mission sanitaire anglo-française pour en venir à bout. D'ailleurs l'épidémie a cessé avec l'hiver, et les Serbes ont pu employer les mois du printemps et de l'été à parfaire leur préparation militaire. Tous les hommes valides ont été appelés sous les armes. Des pièces d'artillerie lourde et légère ont été envoyées de France et d'Angleterre via Salonique. Les officiers sont venus renforcer la mission militaire française. Et Paulkan avec ses aviateurs observe la marche des colonnes impériales.
II° La Diplomatie
Nous annoncions dans notre dernier article que la Bulgarie ne tarderait peut-être plus longtemps à prendre parti dans le conflit européen. C'est maintenant chose faite. Et le roi Ferdinand ne dissimule plus qu'il a partie liée avec nos ennemis. Il est vrai que l'entente a tout fait pour tirer de lui cet aveu. Inquiétée par la mobilisation bulgare, soupçonnant le roi de vouloir jouer les Enver-Bey et de coquetter avec les puissances centrales, elle l'a mis en demeure de démobiliser et de renvoyer son entourage allemand. C'est la Russie, qui s'autorisant des services rendus par elle à la course slave dans les Balkans, a pris l'initiative de la démarche. Un ultimatum a été remis à Mr Radoslawon, le président du conseil bulgare par l'ambassadeur russe à Sofia le lundi 4 octobre à 4 heures de l'après-midi. Cet ultimatum disait en susbtance: "Les évènements qui se déroulent actuellement dans les Balkans prouvent la résolution arrêtée du roi Ferdinand de remettre entre les mains de l'Allemagne le sort de la Bulgarie. La présence d'officiers allemands et autrichiens au Ministère de la guerre et dans les Etats-Majors, le