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Retranscription du Tuyau, numéro 20, page 3 (25 novembre 1915)

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Les faits de la semaine (14-21 Novembre 1915)

1° La Guerre et la Diplomatie.
Rien à signaler, cette semaine, sur le front occidental. En Russie, les Allemands, à la suite de leur succès à Borgacie (C° n°19 du Tuyau) ont repoussé les Russes sur la rive droite du Styr, et occupé la ville de Czartorzak, qu'aux dernières nouvelles nos alliés leur ont reprise (Com. Russe du 20 Nov). Les Russes, au cours des combats qu'ils ont livrés aux Austro-Allemands pendant le mois d'octobre, annoncent avoir pris 674 officiers et 49 200 hommes de troupe, 21 canons et 113 mitrailleuses, 18 lance-bombes et 3 projecteurs (Com. Russe du 15 Nov). Les Austro-Allemands dans les même temps ont fait 42 790 prisonniers dont 1700 officiers, il se sont emparés de 92 mitrailleuses (Comque du ? Kriegs presse quartier 20 Novbre).
C'est en Serbie, cette semaine encore, et sur le front austro-italien, qu'ont eu lieu les combats les plus forts sur l'Isonzo, les Italiens fournissent actuellement un gros effort. Les Autrichiens le reconnaissant, mais ils ajoutent que grâce à la vaillance de leurs propres troupes, cet effort demeure stérile. Les Italiens ne sont pas du même avis, et sans prétendre être entré à Gorz, Cadorwa signale une série d'actions locales au nord-ouest, à l'ouest et au sud-ouest de la place qui toutes, ont tourné à l'avantage de ses soldats. Italiens et autrichiens ne sont d'accord que sur une point, c'est que la ville de Gorz est furieusement bombardée par les troupes de Cadorna. Les Autrichiens protestent contre ce bombardement. Ils y voient la preuve que les Italiens n'espèrent plus s'emparer de Gorz, car on ne détruit pas une ville dont on compte un jour être maître. Il y voient aussi une cruauté sans nom comme sans excuse, puisque l'effet inévitable d'une bombardement est de faire des victimes dans la population civile. A cela les Italiens répondent qu'ils cherchent à atteindre les casernes et les troupes qui y cantonnent. Et il doit bien y avoir un intérêt stratégique à bombarder une ville même située derrière les lignes ennemies, puisque cette opération semble être de pratique courant chez les différents peuples belligérants.
La Serbie est évidemment en assez mauvaise posture. Il ne s'est presque pas passé de jours, cette semaine où les Communiqués Allemands, Autrichiens et Bulgares ne nous aient annoncé, avec le recul ininterrompu des Serbes, la capture de nombreux prisonniers et de nombreux canons. D'après une carte qui a paru dans le Berliner Tageblatt du Mardi 23 Novbre, les 5/6 du pays sont actuellement entre les mains des ennemis. Il ne reste plus aux Serbes que la partie de leur territoire qui avoisine le Monténégro et l'Albanie. La ligne passe au sud de Movipazar récemment conquis par les Allemands, à l'est de Pristina, au nord de Monastir, dont l'occupation par les Bulgares n'est pas confirmée. De là, elle s'en va directement vers l'Est.
Pendant ce temps, les troupes franco-anglaises qui occupent le triangle compris entre la Cerwa et le Wardar, c'est-à-dire une toute petite partie de la Macédoine, se montrent assez peu agressives. Comment justifier leur attitude? Comment, expliquer qu'après, avoir reconnu la nécessité d'une action rapide et énergique, après avoir envoyé en Orient des renforts importants, les Allies, au moment d'agir semblent reculer devant l'importance et les difficultés de l'oeuvre à entreprendre?


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