précédent

Voir le journal en version originale.

séparation

Retranscription du Tuyau, numéro 20, page 6 (25 novembre 1915)

séparation

Variétés

Le Bibliothèque historique de la "Ville de Paris", rue de Sévigné, vient d'ouvrir au public un certain nombre de salles dans lesquelles se trouvent rassemblés tous les documents relatifs à l'existence de la Capitale pendant la Guerre. On y peut relire les éloquentes ou mâles proclamations, qui à l'heure grave de la mobilisation, ou plus tard, lorsque le flot allemand par St Quentin, Compiègne et Senlis, déferlait sur Paris, invitèrent les Français à élever leurs âmes à la hauteur de leur destin. On y trouve également les affiches de toute espèce que le Conseil Municipal fit apposer sur les murs, des exemplaires de saufs-conduits délivrés par l'administration militaire, les Communiqués officiels de l'Etat-Major qui furent publiés aux portes des Mairies. Ajoutez à cela une masse innombrable d'images, de brochures ou d'ouvrages relatifs à la guerre, en particulier des poésies ou des chansons patriotiques, dont beaucoup, il faut l'avouer, n'ont qu'un intérêt historique, et valent moins par la forme que par le sentiment qui les anime. Une section spéciale est consacré à la Presse parisienne, et les Parisiens qui ont repris l'habitude de lire leurs journaux imprimés sur 4 ou 6 pages, se rappellent avec quelque étonnement, en voyant les Numéros parus sur 2 pages dans les premiers jours de la mobilisation, qu'il fut un temps où le papier d'imprimerie manquait en France. Dans cette section se trouvent réunies quelques unes de ces "Editions spéciales" d'ailleurs assez rares car le gouvernement interdit vite ce genre de littérature qui propagèrent dans Paris de sensationnels "Canards", comme la mort de l'empereur Guillaume, tué par la bombe d'un aviateur français. Ailleurs on voit les affiches tricolores des "Cévennes", invitant le public à des représentations patriotiques, puis des manifestes espérantistes publiés pour détourner les Français de l'étude de l'Allemand et les convier à cette de l'Espéranto, des indicateurs de Chemins de fer avec les honoraires en vigueur dans la banlieue de Parie pendant les premiers mois de la guerre, enfin les vignettes de toute espèce, dont la Régie, décora les paquets de cigarettes et les boites de cigares et qui avec un art un peu gauche et des teintes souvent criardes, évoquèrent sous les yeux d'un public complaisant, les hommes d'Etat, les généraux ou les soldats de la "Quadruple Entente". A noter aussi une très belle collection de timbres édités par la Croix Rouge, pour se procurer les fonds nécessaires à son oeuvre de bienfaisance.
C'est donc, on le voit une exposition intéressante que la Bibliothèque de la Ville de Paris vient d'organiser. Que ne pouvons nous conseiller à nos camarades, si souvent désoeuvrés le Dimanche à Quedlinburg, d'aller la visiter!

séparation

Il y a des gens qui ont du temps à perdre. Ne s'est-on pas avisé de chercher, combien avec la solde journalière de cinq sous que leur donne le gouvernement, nos poilus devraient passer de temps dans les tranchées pour acquérir une petite aisance, 15 000 frs par exemple? Le résultat auquel on est arrivé, est qu'il leur faudrait se battre pendant 165 ans pour réunir cette somme! Espérons qu'ils ne s'aviseront pas de vouloir devenir capitalistes.


précédent

Voir le journal en version originale.

séparation