Retranscription du Tuyau, numéro 35, page 7 (23-30 mars 1916)

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sommes endormis comme le nègre près de son bananier, confiants ne sa générosité. Aujourd'hui il faut se secouer, partir de l'avant et si à nos fils il faut assurer ce qui leur permettra de vivre, nous-mêmes il faut entrer dans la voie. Ce serait douter de la race que de croire que tous jusqu'au plus humble, ne s'y efforceront pas et les évènements actuels ne permettent pas de douter de la race. Tous nous devons avoir à coeur d'égaler le voisin. Jetons les yeux sur une statistique, nous serons obligé d'avouer notre retard. Tandis que la Belgique produit en moyenne à l'hectare 2.385 Kg de blé, 2451 d'avoine et 24451 de pommes de terre, l'Allemagne 2260 de blé 2300 Kg d'avoine et 15030 de pommes de terre la France ne produit que 1380 Kg de blé 1150 d'avoine et 7.420 de pommes de terre et cependant nos terres sont aussi fertiles, notre climat au moins aussi favorable, mais les procédés de culture de nos voisins sont plus perfectionnés, leur consommation d'engrais chimiques infiniment supérieure à la notre. L'Allemagne consomme annuellement 460.000 tonnes de sulfate d'ammonium et la France 95.000 tonnes pour des étendues cultivées de 350.000 Km (Allemagne) et 367.000Km (France). La Belgique en consomme presque autant que la France malgré la différence de superficie. Si l'on parle de l'outillage agricole les mêmes outillages se retrouvent. Ne nous étonnons donc pas du résultat. Ne cherchons pas à nous défendre en prétendant que le régime allemand sur la grande culture se prête mieux que le régime français de la petite propriété aux fortes avances de matériel et d'engrais le régime belge nous montre une culture plus morcelée encore que la notre, s'il est possible avouons que nous avons été trop fidèles amants de la routine et entrons franchement dans la voie que devront suivre nos fils. Mais ne le faisons pas en aveugles, si la culture est l'industrie qui paye le mieux les avances, elle est aussi celle où l'on perd le plus vite, l'argent engagé mal à propos. Entrons dans la voie du progrès en gens non timorés, mais prudents.

L'Etat paye des professeurs départementaux d'agriculture que nous laissons se morfondre en leurs bureaux faisons appel à leurs conseils, dans les paperasses des mairies, cherchons, non pas le règlement qui permettra de chicaner le voisin, mais celui qui nous permet d'obtenir gratuitement le concours d'un ingénieur agronome de l'état quand la demande est faite en même temps par plusieurs cultivateurs pour un même groupe de terrains. Sachons nous organiser en syndicats pour l'achat en communs de semoirs, de batteuses, de charrues à vapeur, occupons nos soirées à lire les journeaux les revues, les livres agricoles, au lieu des journeaux remplis d'hargneuse politique. Notre porte-monnaie, comme notre santé morale, ne s'en porteront que mieux. En attendant, tandis que nous sommes ici, impuissants, inutiles à nos familles et à notre patrie, tâchons d'acquérir de nouvelles notions, d'emmagasiner pour l'avenir quelques connaissances supplémentaires. C'est ce que nous essayerons de faciliter à chacun en publiant à cette même place chaque semaine ce que nous aurons pu nous procurer de renseignements techniques, connaissances agricoles notions d'élevage et autre données du même genre.

Nebla Rojo

Pour ceux qui désirent travailler en captivité nous nous permettons de leur signaler les livres suivants qu'ils pourraient demander à leurs familles "Chimie élémentaire, chimie agricole" par Chamerin chaque: 2F.50

"Encyclopédie des connaissances agricoles" Librairie Hachette 79 Boulevard St Germain Paris. Dans la même collection "Les céréales" par Deniot 2F.50 "Les plantes sarelées" par Malpeaux" 2F.

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