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Retranscription du Tuyau, numéro 11, page 2 (15 mars 1917)

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A la gloire des écrivains morts pour la France

Après avoir évoqué le charme des vieilles provinces françaises, réchauffé et retrempé nos énergies par le défilé d'images familiales à nos coeurs d'exilés, le "Tuyau" fidèle au culte de la Patrie, se propose aujourd'hui d'élever un monument à la gloire des écrivains qui sont morts pour elle. Entre les deux idées il y a rapport intime, la seconde procède de la première, elle en est le complément logique et sa mise en exécution nous ouvre des horizons chargés des mêmes espérances. Ces stèles funéraires que nous érigerons, n'auront en effet pas uniquement pour but de commémorer les héroïques prouesses et les actions d'éclat d'une élite intellectuelle, elles ne seront pas là, seulement pour sauver des noms et des oeuvres de l'oubli, elles restitueront encore les morts à leur terre natale, aux provinces qu'ils avaient aimées, chantées ou décrites, à celles qui avaient orienté ou influencé leur talent.
En rapprochant ainsi les tombes des berceaux, l'hommage que nous rendrons aux hommes se confondra avec celui que nous rendrons au sol, et nos monographies, inspirées par l'unique mais impérieux désir d'entretenir et d'exalter l'amour de la patrie, serviront pleinement la cause pour laquelle elles auront été écrites.
Sans doute, la France est indivisible, la magnifique façon dont elle vient d'affirmer son unité patriotique est sans précédent dans les annales de notre histoire, il n'est donc pas, ni il ne doit être ici, question de délimitations d'aucune espèce. La bravoure et le talent ne peuvent être assujettis à des distinctions de frontières géographiques périmées de longue date. Il ne faut pas, en conséquence, oublier que, si dans certains cas, le régionalisme a du bon, pas trop n'en faut, il importe de ne rien lui sacrifier, et de ne point tomber dans des excès susceptibles de créer de fâcheux antagonismes entre nos provinces, filles également choisies et également dignes d'une commune mère. En nous inspirant exclusivement, des volontés, des efforts et des tendances, des hommes que nous proposons d'honorer, nous resterons dans une juste mesure - la vraie -, et nos études, même si elles doivent quelquefois pécher par insuffisance, auront pour elles l'excuse d'être faites en conscience, d'après la lecture et l'analyse des oeuvres sur lesquelles elles s'appuieront. Ce sera l'irrécusable manque de leur sincérité.
Dans nos monographies, à côté des noms qui ont déjà acquis le suffrage des foules et se sont posés en signature d'oeuvres suffisamment originales ou sufsisamment fortes pour passer à la postérité, nos lecteurs en trouveront d'autres aux consonances moins familières qui les étonneront peut-être quelque peu. C'est à dessin! Notre hommage ne va en effet pas seulement aux hommes qui hier encore étaient l'orgueil de notre pays, il s'étend à ceux qui en étaient l'espoir. Les écrivains de la jeune génération, ceux qui sortaient à peine de la période d'efforts et de luttes, et dont les essais indiquaient de futurs chefs d'oeuvre, ne doivent point être sacrifiés, leur disparition endeuille à jamais les lettres françaises, elle fera brèche dans l'histoire de notre littérature, justice est que nous leur fassions place.
Nous rendrons donc hommage à tous les écrivains - et ils sont nombreux - que la guerre a fauchés, à ceux auxquels la gloire souriait déjà, comme à ceux qui couraient vers elle avec la vigueur et l'enthousiasme de leur jeunesse. en attendant que l'histoire se prononce et établisse ses classifications, ils restent pour nous sur un même plan lumineux, nous ne pouvons oublier qu'ils ont collaboré à une oeuvre commune et qu'ils l'ont tous signés de la même façon, avec la même élégante simplicité, de leur sang.

J.Monjour

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La vie au Camp

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La Bibliothèque du "Tuyau"
La "Société du Mercure de France" par les deux importants envois de livres qu'elle nous a fait cette semaine, s'est classée d'un coup en bonne place, sur la liste déjà longue des bienfaiteurs de notre Bibliothèque.
Parmi les ouvrages très divers, mais également

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