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Retranscription du Tuyau, numéro 22, page 4 (9 décembre 1915)
nécessaires au transport et au ravitaillement des troupes. Elle annonçait en outre que les alliés demandaient une certaine liberté d'action pour leur flotte. Entendons par là, que si le gouvernement grec accédait aux exigences de l'Entente, les flottes anglo-françaises auraient le droit de pourchasser les sous-marins allemands, dans les eaux grecques, et qu'un personnel Français viendrait renforcer le personnel grec sur la ligne "Salonique-Guéoguéli. La réponse grecque à cette deuxième note fut remise le 28 Nobre aux représentants de l'Entente. Elle devait être assez vague, si l'on en juge par la communication que le 29 l'agence Havas faisait à la presse "La réponse de la Grèce à l'Entente est conçue en termes amicaux. Dans les milieux officiels on affirme qu'elle est de nature à résoudre les questions pendantes. On ajoute qu'elle est en tous points satisfaisantes, puisqu'elle répond aux voeux du peuple grec, qui entend observer exactement la neutralité, tout en ne créant pas de difficultés à l'Entente." Les pourparlers continuent. Les pourparlers ont continué toute la semaine sans aboutir. Les journaux Allemand avait, dès la première heure, annoncé que la Grèce n'était pas disposée à en passer par toutes les exigences de l'Entente. Et il semble bien que l'on se heurte à une résistance assez tenace du roi Constantin. D'où vient ce nouveau revirement imprévu, assez surprenant, puisqu'il y a quelques jours l'accord semblait fait en principe entre le Grèce et les Alliés. C'est sans doute qu'une nouvelle situations a été créée par la chute de Prizreud et celle de Monastir. L'armée Serbe est battue, le fait est indéniable et le roi Constantin craint que les austro-allemands, refoulant les Français, ne pénètrent à leur suite sur le territoire grec. Or il veut à tout prix épargner la guerre à son peuple. Dans ces conditions, il n'a qu'un désir, rembarquer au plus vite les troupes alliées. Aussi alternoie-t-il dans l'espoir que l'Entente, lasse d'une entreprise qui n'a pas donné jusqu'à présent de résultats, y renoncerait pour porter ailleurs ses efforts. Mais l'Entente ne se décourage pas. Et L'Echo de Paris, annonce qu'elle se dispose à peser sur les décisions du gouvernement grec, en entravant à nouveau la circulation des vaisseaux de commerce. Voilà où en est la question. Le bruit d'après lequel le Grèce aurait répondu aux exigences des Alliés, par une fin de non recevoir absolu n'est jusqu'à présent pas confirmé (6 Décembre, matin). Attendons! La neutralité Roumaine - Et pendant ce temps la Roumanie reste neutre! Les raisons qui déterminent son attitude ont été récemment indiquées par Mr Vintile Brintianu, frère du prédisent du conseil roumain, dans une conférence qu'il a faite au "Cercle libéral" et dont voici le résumé. "Mr Bratianu, a posé, en principe, que la guerre durerait encore très longtemps. La Roumanie peut donc attendre que son heure ait sonné. La guerre, a déjà duré plus longtemps que ne le prévoyaient ceux qui avaient intérêt à une campagne rapide. Aucun des adversaires jusqu'à présent n'est épuisé. Les forces en présence sont si considérables que la victoire d'un des partis sur un des champs de bataille ne peut en aucune façon être regardée comme une défaite irréparable pour l'autre parti. L'entrée en jeu de l'Italie, pas plus que celle de la Bulgarie, et pour les mêmes raisons n'ont été décisives. Aussi l'attitude expectante du gouvernement roumain a-t-elle été la bonne. Elle lui permet de choisir son heure. En ce qui concerne le développement ultérieur des évènements, Bratianu a dit que l'Entente n'abandonnerait jamais, même provisoirement, la suprématie des Balkans, aux Puissances centrales. Bien au contraire on doit s'attendre à ce que que les Balkans deviennent un des principaux théâtres d'opérations. Des combats importants auront lieu au printemps prochain en Macédoine et en Thrace. D'après lui des troupes nombreuses débarquent à Salonique et en Thrace, et l'Italie pas plus que la Russie ne se borneront à la défense de leur territoire. La Grèce de son côté, ne peut pas rester plus longtemps neutre, étant donné l'importance des effectifs qui débarquent à Salonique, et la haine qu'ont les Grecs pour les Bulgares. Quant à la Roumanie, il faut qu'elle attende!
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