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Retranscription du Tuyau, numéro 31, page 4 (24 février 1916)

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dans la défense d'une place forte investie et l'exemple le plus frappant que l'on puisse donner, nous le trouvons précisément dans le dernier siège d'Erzeroum pendant la guerre russe-turquie de 1377-1378, siège que rendit célèbre dans le monde entier, le nom de Gase Mutikstar Pacha. Cette fois-là, la place tint du début de Novembre à la fin de Férvier et lors de la conclusion de la paix les Russes durent la rendre à la Turquie. La valeur stratégique d'Erzeroum n'est pas particulièrement grande, bien que cette place soit le point d'aboutissement de routes importantes qui vont vers la Mer Noire, et vers l'Arménie su Sud et de l'Orient. Rien que par son caractère montagneux, le pays qui environne le plateau relativement étroit d'Erzeroum opposerait à une nouvelle avance des adversaires, des obstacles toujours renouvelés, qu'un défenseur opiniâtre serait utiliser à son avantage. Erzeroum, est situé, il ne faut pas le perdre de vue, tout à fait à l'extrémité Nord-Est de l'Asie-Mineure. Or l'Asie Mineure est un pays montagneux, extrêmement étendu, et il n'est pas permis de craindre, sérieusement que les Russes puissent partir de là pour des opérations d'une portée un peu générale.
Ce qui pourrait-être plus conséquent que les conséquences militaires de l'événement d'hier, ce sont ses conséquences politiques, car il va de soi qu'après la prise du plus important des villages arméniens, la population environnante, si elle n'était pas déjà passée, par trahison du côté des Russes, va être maintenant à leur entière discrétion.
Justement dans ces dix dernières années, Erzeroum avait pris un grand développement et d'après le dernier recensement c'est une ville de 120 000 habitants. Comme place de commerce à une distance entre Trélizonde sur la Mer Noire et la Perse du Nourd-Ouest, elle est une des plus importantes de l'empire Turc.
La ville depuis 1522 c'est-à-dire depuis près de 400 ans, a été presque invariablement au pouvoir des Turcs. Ce n'est que pendant la guerre de 1829 que Paskowitek l'a fait passer et pour quelques mois seulement, entre les mains des Russes.
Le souvenir su passé glorieux de cette ville sera, nous en sommes convaincus, son aiguillon suffisant pour inspirer à notre allié turc le désir de la reprendre. L'histoire de Erzongal au cours de cette guerre trouvera facilement, nous l'espérons du moins, la répétition sur le sol asiatique."
La prise d'Erzeroum d'après le "Berliner Tageblatt", si elle a une importance militaire médiocre, est donc, politiquement parlant un événement désagréable. Ajoutons, qu'elle vient on ne peu mieux à point pour le gouvernement russe qui va dans quelques jours se retrouver en présence de la Douma.
Ajoutons aussi, que même au point de vue militaire, elle ne peut que faciliter la situation des Anglais qui se trouvent actuellement aux prises avec les Turcs à Kut-el-Anara, en Mésopotamie.
Aux dernières nouvelles, le grand duc Nicolas Nicolaïenvitch, commandant en chef des armées du Caucase est parti pour Erzeroum.
(2°) Sur les autres fronts, rien à signaler sauf deux attaques heureuses des Allemands qui ont pris près d'Ypres, une première fois 800 m. de tranchées, une deuxième fois 300m.
(3°) Guerre aérienne. Raids d'aéroplanes alliés et ennemis sur les différents fronts. Le 14 février, en particulier, une escadrille autrichienne a bombardé Milan. Le 16, 13 avions français ont jeté 158 bombes sur Stremnitza.
II- Politique générale
(1°) Grèce (Havas) Paris 17/2. Les Français ont occupé sous les ponts du Wardar. Les Grecs ont occupé la rive du fleuve de Toptschin à l'embouchure.
D'après une dépêche de Salonique au "Journal" la police anglo-française a arrêté le bourgmestre de la ville de Ismail Bey.
Les Italiens ont pu débarquer des carabiniers à Corfou, afin de marquer leur intention de coopérer


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