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Retranscription du Tuyau, numéro 17, page 6 (4 novembre 1915)

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IIe Politique Générale

L'expédition de Salonique - L'importance des opérations actuellement en cours dans les balkans découle des considérations suivantes:
Les Austro-allemands veulent avec le concours bulgare établir entre les Turcs et eux une voir de communication permanente et suffisamment protégée par leurs troupes pour pouvoir être considérée comme sans danger d'être coupée cela leur permettrait
1° de rendre leur ravitaillement plus aise.
2° d'entraver celui des Russes, auxquels les Dardanelles sont fermées, et pour le moment également la voie Roumano-Serbe.
3° Mais surtout d'apporter aux Turcs les armes, les équipements te les munitions nécessaires pour armer les hommes valides dont le gouvernement ottomane dispose un million parait-il mais qu'il n'a pas de quoi équiper. Ces hommes, une fois sur pied de guerre, marcheraient sur l'Egypte et les Anglais pour défendre cette colonie et le Canal de Suez seraient contraints de distraire des troupes du front occidental, qui se trouverait ainsi considérablement affaibli.
Inversement su les Alliés peuvent empêcher les Austro-Allemands de se relier d'une façon permanente à la Turquie d'Asie et au contraire assurer leur liaison avec la Russie, ils en escomptent les avantages suivants:
1° Blocus des puissances centrales, ou tout au moins grandes difficultés apportées à leur ravitaillement.
2° Accroissement de la puissance offensive russe. En effet la situation des Russes est comparable en certains point à celle des Turcs. Ce ne sont pas les hommes mais les armes, les munitions et le matériel qui leur manquent et que seules les puissances occidentales peuvent rapidement leur faire parvenir. Car le transsiberien qui relie la Russie au Japon et à l'Amérique ne peut fournir un trafic très considérable.
3° L'Angleterre n'ayant pas de craintes pour l'Egypte pourrait donner tout son effort en Europe.
Pour isoler les Austro-Allemands des Turcs, deux moyens étaient possibles: ou bien unir la Roumanie, la Bulgarie et la Grèce à la Serbie et à la Quedruple Entente, ou bien établir par la force des armées une communication permanente à travers les Balkans entre la Russie et ses alliés.
Les victoires allemandes en Russie ayant décidé la Bulgarie (dès le mois de Juillet) à se ranger aux côtés des puissances centrales, le projet, cher à M.M. Delcassé et Grey de reconstituer une ligue des Balkans favorable à l'entente échoua, ce qui amena la chute du ministre français.
Reste donc seule la solution militaire et c'est pourquoi tandis que les Trucs viennent occuper pour les défendre les côtes bulgares, la Russie bombarde les ports de Warne et de Burgas sur la mer Noire et prépare un corps de débarquement destiné à opérer dans nord de la Bulgarie, la flotte Anglo-franco-italienne bombarde Dedeagath et enfin la France et l'Angleterre sont d'accord pour envoyer un corps expéditionnaire (sur l'importance duquel nous ne sommes pas encore exactement renseignés) et qui a débarqué et qui débarque encore à Salonique.
Avec cette ville comme base et peut-être aussi Cavalla (autre port grec), cette armée doit
1° porter secours aux Serbes, s'il en est temps encore.
2° faire sa jonction à travers la Bulgarie avec les troupes russes.
3° décider si possible la Grèce et la Roumanie à embrasser la cause des alliés.
Contrairement à ce qui avait été cru tout d'abord les


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