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Retranscription du Tuyau, numéro 1, page 7 (13 juillet 1916)
Midi moins dix. Sous les obus et la mitraille, les Derviches mal armés firent une résistance admirable. Le carnage fut terrible. Les Derviches eurent 11 000 tués, 16 000 blessés et 4 000 prisonniers tandis que les pertes anglaises étaient insignifiantes. Kitchener alla jouir de sa gloire en Angleterre. Puis il se réinstalla en Egypte où l'on vint peu après le chercher pour l'envoyer dans l'Afrique du Sud comme chef d'Etat-Major de Lord Roberts. On sait la part qu'il prit à l'expédition contre les Bers. Nommé Ministre de la Guerre en Août 1914, il fut de ceux qui crurent que la Grande Bretagne ne devait pas se borner à envoyer sur le Continent sa petite armée de mercenaires, et il s'employa de tout son pouvoir à déterminer dans le pays de nombreux engagements volontaires. Pour arriver à ses fins, il usa de moyens de propagande les plus divers, de la conférence, de l'affiche, répérant en toute circonstance au peuple anglais que la fidélité à ses alliances comme le souci de ses intérêts vitaux lui commandait de vaincra sa répugnance traditionnelle pur le métier des armes. Et sans doute ses efforts ne furent-ils pas vains, puisque les soldats qu'il recruta furent ceux qui se battirent à Neuve Chapelle et à Lons, et qui tiennent actuellement tout le front du Nord-Ouest depuis Ypres jusqu'à la Somme. Mais le résultat obtenu ne lui parut pas encore suffisant, et peu de temps avant sa mort il se ralliait au projet de service obligatoire, aujourd'hui accepté par les Chambres anglaises. Kitchener, Gallieni, tous deux sont morts sans avoir vu la fin de la guerre à laquelle ils avaient été si intimement mêlés. L'un repose sous les pins et les tamaris du Midi, dans une sépulture qu'entretiendra la piété de ses proches, l'autre flotte, épave errante, au gré des vagues de l'Océan. Mais tous deux vivront dans la mémoire de leurs peuples, qui n'oublient pas les services rendus, et de leurs soldats, qui sous la sévérité nécessaire du chef avaient su discerner la bonté de l'homme.
Quelques nouvelles de l'hôpital
A l'heure actuelle, nous écrit notre camarade Relant, l'hôpital devient un petit nid de verdure de tous côtés fleurissent pensées et géraniums. De superbes pelouses agrémentent le coin des malades, il ne manque qu'un grand chêne à l'ombre duquel ils pourraient se reposer. Mais patience! La guerre n'est pas terminée et tout vient à point pour qui sait attendre. L'hôpital n'est pas seulement la plus charmante, c'est aussi la plus studieuse des Thébaides. Un cours de français y fonctionne depuis plusieurs semaines, et ceux des prisonniers qui ont l'habitude de travailler dans leurs camps respectifs peuvent ainsi poursuivre leurs études, pendant leur convalescence. Un certain nombre des habitués de l'hôpital sont arrivés en Suisse et ont donné de leurs nouvelles. Aveline, le joyeux dragon, est à Charmey et n'a pas l'air de s'en faire. Avec lui se trouvent Guinaudeau et Leneuveu, Naucelle, Thiariau et Bescoud sont à Leysin. Depuis qu'ils sont installés dans leurs résidences respectives, nos camarades ont eu presque chaque dimanche la visite de musiques voisines qui viennent leur donner des concerts. Il est difficile d'être plus délicatement aimable, et la Suisse reste fidèle à ses traditions de généreuse hospitalité. Malheureusement une triste nouvelle est venue gâter la joie que nous procuraient les lettres de nos camarades. Lucien Hivert, dont nous avions tous pu apprécier la gentillesse, est mort peu de temps après son arrivée en Suisse, à Montreux. Le pauvre garçon étant parti tout heureux pour la Suisse, il espérait recevoir fréquemment la visite de ses parents qui habitaient dans l'Ain à une heure de Genève. Cette joie lui aura été refusée. Il est mort avant que sa mère, qui se préparait à venir le voir, ait pu le rejoindre. Lucien Hivert, qui était un tout jeune réserviste, était ancien élève de l'Ecole des Arts et Métiers et ingénieur civil. Détail pénible, il était fiancé et devait se marier à son retour de captivité.
Chronique culinaire
I Oeufs brouillés Casser quelques oeufs, jeter dessus du gruyère rapé, y ajouter du sel, du poivre et un peu de beurre, bien battre le tout. Mettre dans la casserole et remuer pendant la cuisson sur un feu doux. II Omelette au Jambon Casser quelques oeufs, les battre soigneusement. Mettre du beurre, du sel et du poivre. Faire revenir des lardons. Verser dessus les oeufs battus. Remuer légèrement les oeufs. III Riz au gras Mettre 5 cuillérées de riz dans un demi-litre d'eau. Cuire à feu très doux. Une fois le riz crevé y ajouter un peu de Liebig, graisse, sel, poivre et servir. IV Riz à l'impératrice Même procédé de cuisson. Ajouter au riz un jaune d'oeuf, une cuillérée de lait concentré, quelques morceaux de sucre écrasé avec quelques fruits confits coupés en petits morceaux. Servir au dessert. Leroy
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