précédent

Voir le journal en version originale.

séparation

Retranscription du Tuyau, numéro 10, page 2 (15 février 1917)

séparation

Comité Français de Quedlinburg

Depuis le départ de notre camarade Chatenet le porte parole attitré du Comité de Secours, celui-ci a quelque peu négligé ses ressortissants sous le rapport des nouvelles, bien qu'il soit resté régulièrement en contact avec eux par les Communiqués du "Tuyau".
Mais son activité ne s'est démentie que sur ce seul terrain ainsi que nous allons le montrer par la suite.
Chargés de la répartition du biscuit, il nous fallait organiser ce service important sans aucune donnée, et peu à peu seulement, soit par les enseignements de la pratique, soit par des instructions reçues, nous avons réussi à le faire fonctionner presque normalement.
Nous disons presque, car surtout en temps de guerre, la perfection n'est pas de ce monde.
Les arrivages qui au début laissaient à désirer, nous sont parvenus depuis septembre, avec une régularité parfaite, à part des intervalles de 3 ou 4 jours, et nous ont permis, non seulement d'assurer la distribution régulière à tous les prisonniers appartenant au Camp de Quedlinburg, mais encore d'en approvisionner d'autres, au nombre de 1000 environs, appartenant à plusieurs autres Camps, qui pendant de nombreuses semaines étaient de passage ici. Ces prisonniers reçurent même des distributions supplémentaires, par suite de leur situation spéciale (ils ne recevaient pas de colis) et malgré tout nous ne fûmes pas gênés un seul instant.
Nous avions en effet pris les devants en demandant un envoi supplémentaire à la Fédération, qui nous donna, faut-il le dire, immédiatement satisfaction.
L'organisation du Service Intérieur est la suivante. Chaque prisonnier a sa fiche sur laquelle on note la date de la distribution, pour les hommes présents au Camp, et la date d'envoi pour ceux qui sont en Kommando.
Les noms des hommes d'un même Kommando sont groupés sur un bordereau global, qui indique en outre le nombre de parts que chacun d'eux doit toucher. Ils sont ensuite notés sur 2 Livres de sortie, un pour le secrétariat, et l'autre pour la gare. Là les envois sont inscrits en détail, nombre d'emballages, numéros et poids.
Ces renseignements sont répétés sur l'enveloppe du bordereau, ainsi que sur la lettre de voiture, de sorte qu'à moins de négligence notoire, les erreurs deviennent tout à fait impossibles.
Après avoir été émargés en Kommando, les bordereaux sont enregistrés sur le livre des rentrées et classées après que bonne note a été prise le cas échéant des observations qu'ils contiennent.
Toute signature qui manque fait l'objet d'une enquête.
Le secrétariat est en contact suivi avec la Fédération Nationale, qui nous approvisionne de biscuits, et se conforme strictement à ses instructions, ou aux ordres des Autorités Allemandes.
Le Service du Comité de Secours fonctionne sur les mêmes bases que par le passé, sauf quelques modifications de détail. La plus importante a été la réfection du classement par Catégories, qui nous a amené à la suppression des envois à la 3e Catégorie.
Nous nous sommes en effet rendus compte, tant par les renseignements de certains Comités, que par les correspondances venues de quelques autres, que nous étions trop larges envers la collectivité, au détriment des plus indigents. Nous avons donc classé en 1ère Catégorie, les hommes qui ne reçoivent rien, ou ceux qui reçoivent des colis dont la valeur globale, par mois, n'excède pas 10 fr. et en 2e ceux, qui plus avantagés, ont chaque mois pour dix à vingt francs de colis.
Les bases d'estimation suivantes servent à ce classement:
Gros colis, valeur 10 fr. Moyens 5 fr. Petits 3 fr.
Et ce classement a surtout sur le précédent l'avantage d'être équitable, puisque ce n'est plus seulement le nombre de colis comme autrefois, mais leur importance qui entre en ligne de compte.
Il va sans dire que ce contrôle est effectué consciencieusement. Les Délégués en sont chargés pour les nécessiteux du Camp et à la gare pour les hommes en Kommandos qui forment en somme le contingent le plus important; 4 Contrôleurs, dignes de toute confiance notent la valeur des colis, lorsqu'ils sont ouverts par le Censeur.
Par suite de circonstances imprévues et indépendantes de nous, les arrivages cessèrent de nous parvenir tout à coup cet été, et ce précisément au moment où nous en avions le plus besoin.
Nous devons cependant en excepter les secours de personnes charitables, qui nous furent continués de façon suivie, mais ils formaient une goutte d'eau à la Mer, car nos nécessiteux sont environ 1000 et nous ne pûmes forcément en servie qu'un nombre restreint parmi les plus indigents.

précédent

Voir le journal en version originale.

séparation