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Retranscription du Tuyau, numéro 10, page 3 (15 février 1917)

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Nous disons donc que le dernier envoi nous parvint vers le 25 Juin; et les distributions furent échelonnées par nous jusqu'au 15 Août. A ce moment nous attendions automatiquement l'arrivée d'une nouvel envoi, mais en vain, nous ne recevions aucun avis, nous avons alors entrepris et multiplié des démarches auprès de qui de droit, et vers le 21 Décembre dernier nous recevions du Syndicat du Forez, un wagon de vivres et de vêtements, qui comme bien on le pense, fût le bienvenu car il nous permit de donner leur petit Noël aux nécessiteux présents au Camp, et pour ceux des Kommandos, les expéditions commencèrent immédiatement après les fêtes.
Nous supposons qu'elles ne cesseront plus, car le Forez, nous fait espérer qu'il nous ferait des envois réguliers.
Il arrive que de temps à autre on nous signale, qu'il se trouve dans les Kommandos des nécessiteux, qui ne sont pas encore inscrits au Comité, il ne peut s'agir évidemment que de négligences envers eux-mêmes, car nous ne pouvons croire qu'il existe réellement des prisonniers qui ignorent l'existence du Comité de Secours, si nouveaux soient-ils au Camp.
A ce sujet rappelons que les Chefs de Kommandos doivent laisser partir à toute date, en supplément de la correspondance régulière, les lettres ou Cartes pour le Comité, et nous prions les retardataires d'user de ce moyen.
Par l'exposé ci-dessus on pourra se rendre compte de la façon dont les questions et les intérêts qui dépendant du Comité se sont multipliés depuis sa création.
Tous ses collaborateurs, Délégués et Personnel en sont contents, et plus que jamais s'efforcent de travailler pour le bien et la prospérité de tous.
Il se produit forcément de notre part des impairs, et des erreurs, mais nous sommes reconnaissants à quiconque nous les signale afin de les réparer sans retard, et de donner à ceux qui se trouvent lésés, prompte et entière satisfaction.

La Croix-Rouge Française
a adressé la Circulaire suivante à tous les Comités d'Allemagne
Paris, Décembre 1916
Dès le début de la guerre l'esprit de solidarité s'est manifesté parmi nos Compatriotes prisonniers en Allemagne, par la création dans plusieurs Camps, de Sociétés de Secours mutuels, où les ressources des prisonniers ont été mises en commun et réparties entre ceux qui en avaient besoin.
Frappé des effets bienfaisants de cette initiative l'Agence des Prisonniers de Guerre et la Croix-Rouge Française, dont le rôle est précisément d'organiser les secours aux prisonniers de guerre, a adressé à la date du 15 Mars 1915 une lettre circulaire à tous les Commandants de Camps afin de recommander ces Sociétés à leur bienveillance, et leur demander d'encourager la formation là où elles n'existaient pas encore.
Le Gouvernement allemand en appréciant également l'influence salutaire, a bien voulu appuyer notre démarche et inviter les Autorités des Camps à favoriser leur extension, non seulement parmi les prisonniers français, mais également parmi les Groupements d'autres Nationalités.
Il en est résulté que, dans la plupart des Camps, il existe aujourd'hui un Comité nommé par les prisonniers chargé de la réunion des secours collectifs et de leur distribution aux nécessiteux. Ces Comités ont rendu et rendent journellement des services appréciés; ils sont les représentants des Sociétés de Secours en France, les renseignent sur les besoins des nécessiteux, répartissent les vêtements et la nourriture, aux hommes qui en ont besoin.
Cet organe ayant pour base les sentiments de solidarité qui existent mutuellement entre les prisonniers de la même nationalité, il doit régner entre les hommes qui en ont la direction et leurs camarades une confiance, une harmonie d'effort et de pensées qui, chez les premiers soutiendront l'autorité dont ils ont besoin et, chez les seconds, justifieront l'obéissance dont ils doivent faire preuve. C'est à ces conditions que, dans l'intérêt commun, pour le bien de tous, les sociétés de secours Mutuels dans les Camps vivront et prospèreront.
L'Agence des Prisonniers de Guerre de la Croix-Rouge Française croit devoir rappeler ces principes. Elle en sent d'autant plus l'opportunité que ces sociétés sont devenue la pierre angulaire de l'organisation des secours, telle qu'elle fonctionne actuellement. Il importe donc au plus haut point d'éviter tout ce qui pourrait gêner leur activité et à plus fort raison la troubler.
A cet effet elle fait appel au dévouement des Présidents et membres des Comités de Secours, à l'esprit de solidarité des prisonniers, à leur patriotisme. Elle leur demande de s'appliquer les uns et les autres à favoriser de toutes leurs forces le jeu de ces institutions charitables, auxquelles le pays porte un vif intérêt.
Signé: A. d'Anthouard

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