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Retranscription du Tuyau, numéro 11, page 4 (15 mars 1917)

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tendant au vote du crédit d'un million pour la part contributive de l'Etat, dans l'établissement d'un avant projet relatif à l'approfondissement de la Seine entre Port à l'Anglais et Rouen.
L'aviateur Brégui qui, avant la guerre avait survolé le Maroc de Fez ) Mourakeck et s'était distingué dans des missions périlleuses, s'est tué à Toulon en essayant un hydravion.
On annonce la mort à Bruxelles du peintre Isidore Meyers à l'âge des 80 ans. Meyers était un de plus grands paysagistes belges, il séjourna à Paris de 1850 à 1890. Il appartenait à l'école de Cord et de Daubigny.
La production de l'or du Transwaal en 1916 a atteint 39 484 700 livres sterling, soit une augmentation de 857 559 livres sur 1915, ce qui constitue un record.
La banque commerciale de Bâle a publié une étude de laquelle il ressort que, depuis le commencement de la guerre, les belligérants ont mis sous les armes environ 50 millions de soldats.
Sans compter les dépenses faites par les neutres, la guerre à la fin de 1916 coûtait 450 milliards. Ce chiffre ne comprend pas les pertes occasionnées par l'arrêt du travail productif, ni les ravages aussi dans les territoires où se sont livrés des batailles.
On annonce la mort à Padoue de Clara Ward, ex princesse de Chinay, qui défraya il y a quelques années la chronique en se faisant enlever par le tzigane Rigo. Clara Ward, après le divorce qui lui retirait le titre de princesse, épousa Rigo en 1904. Ce fût elle qui demanda ensuite à divorcer, puis elle se maria pour la 3eme fois et devint Mme Peppino Ricciardo. Cette union se termina par une séparation judiciaire. Clara Ward épousa enfin M.Cassalota qui lui survit.
M.Adrien Mithouard, président du Conseil Municipal de Paris, est candidat au fauteuil laissé vacant par la mort du Marquis de Ségur, à l'Académie Française.
M.Adrien Mithouard est l'auteur d'ouvrages appréciés, notamment "les Impossibles Nous" "Les Pas sur la Terre" "Le Capitaine de l'Arc"
Morts au Champ d'honneur
Le lieutenant-Colonel Franchet d'Espercy, commandant un régiment d'infanterie a été tué le 17 Décembre, près de Verdun.

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Echos

En lisant Goethe, ou "Pain blanc et Pain noir"
Ce n'est pas d'aujourd'hui que les Allemands préfèrent au pain blanc le pain noir, et si l'usage du seigle s'est généralisé parmi eux, les circonstances l'ont voulu sans doute, mais le goût public n'y répugnait pas.
Sur ce chapitre, comme sur quelques autres, Français et Allemands ont été rarement d'accord. J'en appelle au témoignage de Goethe lui-même.
On sait que le grand écrivain prit part à l'expédition que conduisirent en France, pendant l'été de 1792, le roi de Prusse Frédéric Guillaume II et le duc de Brunswick. In entre le 3 Septembre 1792 à Verdun, où il mangea des dragées, se couvrit de gloire à Valmy, en galopant sous les boulets, puis dut avec toute l'armée d'invasion battre en retraite à travers la Champagne. Il vécut alors quelques-uns des instants les plus pénibles de son existence. Il pleuvait, on piétinait dans une boue crayeuse, où les voitures s'enlisaient. Le ravitaillement ne se faisait pas. On avait faim.
Or, écrit Goethe dans le volume où il a consigné ses souvenirs,"la Campagne de France"
"J'avais comme compagnons de souffrance, deux gentils garçons de quatorze à quinze ans. Réquisitionnés, ils avaient avec quatre maigres chevaux, traîné péniblement ma chaise jusque-là, et ils souffraient en silence plus pour leurs bêtes que pour eux-mêmes. Mais nous ne pouvions rien pour eux pas plus que pour nous-mêmes. Comme c'est par ma faute qu'ils enduraient toutes ces misères, je me sentis pris de pitié à leur égard, et voulu honnêtement partager avec eux le pain de munition que j'avais acheté. Mais ils le refusèrent, affirmant qu'ils ne pourraient pas en manger. Comme je leur demandais ce qui constituait habituellement leur repas, ils me répondirent: "Du bon pain, de la bonne soupe, de la bonne viande, de la bonne bière" (en français dans le texte)." Tout était donc bien chez eux, et mal chez nous. Aussi leur pardonnais je bien volontiers quand j'appris qu'ils s'étaient enfuis en abandonnant leurs bêtes. Certes

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