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Retranscription du Tuyau, numéro 2, page 2 (3 août 1916)
Le pain des prisonniers de guerre
Aucun prisonnier n'ignore qu'à la suite d'un accord intervenu entre les gouvernements allemands et français, ce dernier vient de faire supprimer les envois individuels de pain. Par l'intermédiaire de la "Fédération nationale d'assistance au prisonniers de guerre", il remplace ces envois individuels par des convois collectifs destinés, sans distinction, à tous les prisonniers de guerre civils et militaires, les officiers exceptés (Les officiers prisonniers sont toujours autorisés à recevoir les envois de pain qui leur sont faits individuellement) La "Fédération nationale d'assistance aux prisonniers de guerre" se charge de régler toutes les questions ayant trait au pain envoyé pour les prisonniers. C'est sans préambule qu'elle s'est mise en rapport avec le Comité de Secours et sa première lettre datée du 3 Juin 1916 n'est autre qu'une série d'instructions établissant ce qu'elle allait faire et ce que devrait être à son sens la besogne du Comité. La ration de pain ou de biscuits est de 2 Kilos par homme et par semaine. Jointe à celle fournie par le gouvernement allemand, elle assurera à chaque prisonnier, 600 gr par jour. Le Comité de Secours n'a pas eu de décisions à prendre. Il s'est borné à faire exécuter dans les meilleures conditions les instructions données par la "Fédération nationale d'assistance aux prisonniers" qui représente pour lui le gouvernement français. Il a dû sur le champ élaborer un projet d'organisation administrative dont l'exposé suit et qui, soumis à l'autorité allemande, a été agréé et immédiatement mis en pratique. Deux secrétaires supplémentaires sont employés au bureau du Comité de Secours pour assurer le travail necessité par le nouveau service. Chaque français appartenant au camp, soit qu'il y réside, soit qu'il habite une de ses dépendances, possède une fiche individuelle. Sur cette fiche est notée la date et l'importance en poids de chaque distribution. De sorte que s'il quitte le camp pour partir au travail, où s'il revient, on sait exactement par l'examen de la fiche, à quelle date il a reçu une ration de pain et l'importance de celle-ci. Ce système permet par un classement journalier d'être au courant des mutations qui sont très nombreuses et constantes et d'éviter tout distribution en double aussi bien que tout oubli. Il est remis chaque jour au bureau du comité de secours une liste des mutations par les soins des compagnies du camp. Lorsque les délégués reçoivent les rations de biscuits nécessaire pour les prisonniers de leur camp respectif, ils en donnent décharge et sont responsables des distributions. Chaque prisonnier doit aussi donner décharge quand sa ration lui est remise. Ces émargements constituent autant de garanties. Pour les prisonniers qui habitent hors le camp, les envois de pain sont faits directement de la gare de Quedlinburg. Là, les prisonniers occupés à la réception des colis du camp sont chargés maintenant de la réexpédition du biscuit dans les différents lieux de travail aux "Kommandos" sous le contrôle et d'après les instructions d'un adjudant responsable. Un bordereau sous enveloppe est joint à l'intérieur d'un sac ou d'une caisse faisant partie de l'envoi. Il doit revenir au bureau du comité après émargement individuel des destinataires. Selon l'importance des envois dans les différents Kommandos, les expéditions sont faites soit dans les caisses d'origine, soit dans des sacs mis gracieusement à la disposition du C.F.Q. par la Comité russe de secours. L'hopital du camp et ceux de la ville où sont soignés des prisonniers français sont considérés à cause des nombreuses mentions comme Kommandos dépendant du camp. Enfin, la partie administrative de la nouvelle organisation, "section pain national" est complétée par une comptabilité spéciale. La seule ressource permettant de couvrir les dépenses est la vente des caisses ayant contenu les biscuits à raison de 0,50 Pfg la pièce. Le produit de cette vente constitue les recettes. L'achat d'une balance bascule a été envisagé et va être fait aussitôt que possible. Cet objet est indispensable. Les dépences courantes semblent se borner à l'achat de papier, de fiches et aux frais d'impressions. Les Belges sont soumis à la même règlementation que les Français. Le pain ou biscuit leur sera envoyé par les soins de la Fédération nationale d'assistance aux prisonniers mais pour le compte du gouvernement belge. Le président du Comité belge de secours a été avisé. Trois envois de biscuits ont déjà été faits. Dès leur livraison au camp, les 7 et 10 Juillet ils ont été distribués à raison d'une ration de 2Kg par homme. La première expédition était de 21 caisses d'un poids net de 905 Kg.
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