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Retranscription du Tuyau, numéro 4, page 8 (21 Septembre 1916)

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A Saint-Riquier on a retrouvé dans les annales le nom de deux héroïnes - des noms vraiment typiques - l'une s'appelait Bellegueule et l'autre Brequestoile - qui conduisirent les bourgeois à la brêche et luttèrent les armes à la main contre l'envahisseur. A Péronne on peut voir la statue élevée en souvenir de la boulangère Marie Fourré qui ameuta les femmes de la ville et les mena au rempart.
C'était au plus fort d'un assaut que l'ennemi supposait décisif. Déjà l'un des chefs des Impérieux, croyant un point des remparts abandonné, y avait fait placer des échelles et son étendard en mains, il escaladait le mur. Marie Fourré l'aperçut: saisissant cet étendard, elle s'en servit pour précipiter l'assaillant dans le fossé.
A l'appel de l'héroïne, des renforts surgirent de toutes parts, et les Impériaux, déconcertés par une défense dans laquelle les femmes égalaient les hommes en vaillance, durent battre en retraite. Ainsi la Picardie fut sauvée de l'invasion.
Le siège avait duré trente deux jours. Le Comte de Nassau, désespérant de prendre la ville se retirait, quand à Arras il rencontra la soeur de Charles Quint qui lui dit avec humeur.
- Comment avez-vous pu échouer devant un colombier tel que Péronne?
- C'est que, Madame, répondit-il, les pigeons qui étaient dans ce colombier avaient becs et ongles. Les colombes, tant mâles que femelles, s'y défendaient comme des aigles.
Péronne, après ce siège mémorable, fut appelée longtemps Péronne la Pucelle, et prit une devise qui traduisait sa fierté d'être restée inviolée: Urbs nescia vinci.
Jusqu'en 1815, la petite et vaillant cité picarde devait encore justifier cette devise. Mais après Waterloo, les Anglais de Wellington y entrèrent en passant. Péronne ne tenta pas de leur résister.
En 1870-71 ce fut plus tragique: Péronne résista et n'ouvrit ses portes qu'après avoir été bombardée.
La ville fut assiégée deux fois. L'ennemi parut une première fois devant ses murs le 30 Novembre 1870 et la sommation de se rendre. Le commandant Garnier, chargé de diriger la défense, refusa. Et les Allemands s'éloignèrent sans autre manifestation.
Mais après Pont-Noyelles ils reparurent devant Péronne avec l'intention de la prendre. L'investissement commença le 23 Septembre. Le 28, la ville, entourée d'ennemis de toute part, était de nouveau sommée de se rendre. Le commandant Garnier répondit par un nouveau refus non moins net que le premier. Et le bombardement commença, sous la direction du Colonel d'artillerie prussienne Kamecke, le même qui devait, plus tard, diriger en partie le bombardement de Paris. Il dura jusqu'au 9 Janvier 1871. A cette date en effet Péronne, dont quantité de maisons étaient détruites, dut se résigner à capituler. La défense obtint d'ailleurs des conditions très honorables: les officiers prisonniers gardaient leur épée, et la ville était exemptée de toute réquisition.
Les Allemands firent leur entrée à Péronne le 10 Janvier 1871.
Il y revinrent le 17 Août 1914. Après trois semaines à peu près, ils évacuèrent le ville le 15 7bre, mais la réoccupèrent en force le 24. Ils y sont depuis cette date.
Telle est dans ses grandes lignes l'histoire de la petite cité santerroise, qui, au milieu de ses marais, dans le paysage un peu triste de la Somme, entend depuis deux mois continuellement le bruit de la canonnade franco-anglaise. Avouons qu'il en est peu de plus variées, de plus glorieuses et plus émouvantes.

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Communications du Comité de Secours

Biscuits. Nous avons reçu de France les quantités de biscuits suivantes:
24 Juillet: 96 Kgs
27 Juillet: 621 Kgs
1 août 88
2 3593
2 5176
2 87 (Belges)
7 8844
10 140 (Belges)
14 90
14 6964
15 1827
15 93
15 104 (Belges)
19 5039
21 Août 3768 Kgs
21 144 (Belges)
21 109
29 7737
30 153 (Belges)
8 Septembre 1550
7 5000
13 1925
13 150 (Belges)
14 7592
7 4494
7 144 (Belges)
Envois: les Comités d'Evreux et du Tarn & Garonne ont envoyé l'un 18 colis, l'autre 10 au Comité de Secours du Camp de Quedlinburg, à charge par celui-ci de les faire transmettre à tel et tel bénéficiaire qu'on lui désignait, ce qui a été fait. Nous prions ceux de nos camarades qui ont reçu ces colis d'en accusé réception aux Comités expéditeurs.


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