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Retranscription du Tuyau, numéro 5, page 2 (12 octobre 1916)
La Contribution sur les bénéfices de guerre
Le front a ses mercantis, exploiteurs de poilus; leur surveillance relève du service de la Prévôté. L'arrière a les siens aussi; ils vont avoir la visite du fisc. Et, si le gendarme est sans pitié, je puis bien vous assurer que les fonctionnaires des finances ne le seront pas moins. Ces bons commerçants qui, certainement, trouvent la guerre moins longue que nous, peuvent se diviser en deux catégories: Les uns, les gros appétits, mangent au large ratelier de l'Etat, les autres se contentent de grignoter les économies des mères ou des femmes de mobilisés. L'Etat achète en ce moment, de tout et par quantités énormes, il demande que la marchandise lui soit livrée rapidement, ses exigences se bornent là peut-être! Il ne faut donc pas s'étonner que des bénéfices considérables soient réalisés par les "fournisseurs", qui ne sont pas toujours, il faut le remarquer, des commerçants ou des industriels, point n'est besoin d'être patenté pour passer marché avec la Guerre ou la Marine: n'a-t-on pas vu un juriste entreprendre une fourniture de chevaux et une actrice approvisionner en jambons nos stations-magasins? Juriste et actrice devront subir les exigences du fisc. Et tous les commerçants que les évènements n'ont pas contraint à fermer leurs portes, depuis le fabricant de ces conserves que nous connaissons trop, jusqu'au boutiquier que les vend fort cher à nos familles, tous devront restituer au Trésor la moitié de leurs bénéfices supplémentaires. On les verra, dans toute la France, défiler devant le guichet du percepteur: cafetiers des villes du Midi où nos blessés sont hospitalisés, épiciers des villes de l'Est où les poilus sont au repos, merciers des villes de l'Ouest où se sont réfugiés Belges et habitants du Nord. Il a été institué, en effet, une contribution extraordinaire sur les bénéfices exceptionnels ou supplémentaires, provenant des opérations ci-après définies, réalisés depuis le 1er Août 1914 jusqu'à l'expiration du douzième mois qui suivra celui de la cessation des hostilités.
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