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Retranscription du Tuyau, numéro 5, page 5 (12 octobre 1916)

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Dans cette dernière localité, Bernadotte, invité à monter dans l'aérostat, répondit très délibérément:
- "Je préfère le chemin des ânes.
Malheureusement, deux compagnies d'aérostiers furent en grande partie détruite à l'Armée du Rhin.
A son retour d'Egypte, Bonaparte fit fermer l'école d'aérostation de Meudon. Il trouvait mauvais d'employer des sommes importantes à la construction d'un matériel qu'une volée d'artillerie ou de mousqueterie pouvait anéantir en quelques instants.
Comme rien n'empêchait les autres nations de se donner des instruments semblables, les aérostats, pensait-il, devenaient un embarras de plus pour toutes les armées, sans avantage spécial pour l'armée française.
Raisonnement singulier de la part d'un homme qui n'était pourtant pas dénué d'intelligence!

Les ballons et la guerre: Le siège de Paris en 1870
En 1870 les ballons rendirent des services, mais comme moyen de communication. Lorsque l'investissement de Paris fut devenu complet, c'est-à-dire à partir du 19 7bre on les utilisa pour mettre la capitale en relations avec le gouvernement de la Défense nationale, installé d'abord à Tours, puis à Bordeaux.
Soixante-quatre ballons quittèrent successivement la ville. Le premier partit le 23 7bre 1870. Le voyage ne laissait pas d'être périlleux. Les pilotes avaient à redouter les fusillades ennemies - bien qu'avec les armes à courte portée de l'époque, un ballon fut pratiquement invulnérable, dès l'instant qu'il s'élevait au-dessus de cinq cents mètres, - et aussi les dangers de toute espèce qui menacent dans l'air un sphérique non dirigeable.
Ces soixante-quatre ballons transportèrent, outre les soixante-quatre pilotes, quatre vint onze passagers - parmi lesquels Gambetta, qui quitta Paris le 7 octobre et descendit sans encombre à Montdidier dans la Somme, plus de trois cent soixante-trois pigeons voyageurs, et neuf mille kilog. de dépêche.
Cinq d'entre eux furent capturés par les Prussiens. Deux se perdirent en mer. Un autre, parti de la gare du Nord et monté par M.M.Robert et Rolier fit un coyage extraordinaire.
Le lâchez-tout eut lieu à minuit et tout de suite on fut entraîné vers le Nord. Une brume épaisse gênait la vue. Vers le milieu de la nuit, les voyageurs entendirent au-dessous d'eux un bruit persistant qu'ils prirent pour celui d'un chemin de fer et qui n'était autre que la houle de la mer. Vers trois heures après-midi cependant, un choc violent leur prouva qu'ils touchaient terre. Ils sautèrent de la nacelle et se trouvèrent dans un champ de neige épaisse, au flanc d'une montage couverte de sapins.
Après avoir erré longtemps, les deux aéronautes finirent par arriver dans une petite localité, où ils apprirent qu'ils étaient en Norvège, à quelques trois cent kilomètres au Nord de Christiania. Il leur avait fallu juste quinze heures pour accomplir ce voyage.
C'est en passant par l'Angleterre qu'il purent atteindre Tours et remplir, auprès du gouvernement de la Défense nationale, la mission dont ils avaient été chargés. Mais leur voyage avait duré quinze jours, et ce retard eut des conséquences funestes. La grande sortie de Buzeneval avait eu lieu sans que l'armée de la Loire - ignorant cette tentative désespérée - eût rien fait pour tendre la main à l'armée du général Trochu.
Malgré tout, tant qu'on eût du gaz à Paris, la difficulté n'était pas de partir de la ville, mais bien d'y revenir. L'aventure fut tentée plusieurs fois. Voici, d'après Gaston Tessandier, le plan auquel par avance les aéronautes s'étaient arrêtés:
On va, dit-il dans un de ses ouvrages, envoyer des ballons et des aéronautes à Orléans, à Chartres, à Evreux, à Rouen, à Asnières... Chaque aéronaute aura une bonne boussole, et connaissant l'angle de route vers Paris, il observera les nuages, tous les matins, au moyen d'une glace horizontale fixe, à la surface de laquelle sera tracée une ligne se dirigeant au centre de Paris. Quand il verra les nuages marcher suivant cette ligne, c'est-à-dire quand la masse d'air supérieure se dirigera sur Paris, il gonflera son ballon à la hâte, demandera à Tours, par télégraphe, des instructions, des dépêches, et il partira..."
Le résultat, il faut le reconnaître, ne répondit pas à l'attente. Par suite du manque de dirigeabilité, le voyage du ballon vers un but déterminé était trop aléatoire. Aucun aéronaute ne fut assez heureux pour aborder dans Paris par la voie de l'air.
Ajoutons, pour finir, qu'en plein siège, le 27 décembre, M.Janssen, le célèbre astronome qui fut depuis directeur de l'Observatoire de Paris, partit en ballon, m'emportant que des instruments scientifiques pour aller observer


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