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Retranscription du Tuyau, numéro 5, page 4 (12 octobre 1916)
Echos
Aventure de plage - Il y a encore des plages belges: il y en a, du moins, encore une, et il nous en parvient un écho charmant. Cette plage n'a pas l'animation mondaine qui autrefois, en cette saison, de Blankenbergke à Dunkerque, donnait tant d'éclat et de grâce à la côte flamande. Mais elle doit à la guerre une beauté héroïque: ses dunes blondes sillonnées par les obus, abritent au lieu d'élégantes villas, des blockhaus et des casemates, sur le sable doré, au lieu de casinos, se dressent des hopitaux. Le long de la grève, on voit encore des promeneurs: des soldats convalescents, pour la plupart, mais on ne voit plus guère de promeneuses. Des officiers français, pourtant, aperçurent, l'autre jour, deux charmantes silhouettes féminines. Etonnés, ravis, ils les suivent. Ils voudraient bien aborder ces jolies dames, mais ils n'osent... Enfin le plus hardi s'approche, salue et risque un compliment. La plus jeune des promeneuses regarde l'audacieux d'un oeil d'abord sévère, mais apercevant sur sa poitrine la Légion d'honneur et la croix de guerre, elle sourit. On cause. Les officiers parlent de leur isolement, de l'ennemi des longues semaines que des blessures presque guéries les obligent à passer également loin de leurs camarades des tranchées et de leur famille. Et à ce propos la jeune dame leur demande s'ils sont mariés. Ils rougissent un peu et avouent qu'ils le sont. - Eh bien! moi aussi, Messieurs, je suis mariée et je suis sûre que mon mari aurait plaisir à vous connaître. Cela est dit avec un enjouement malicieux qui intrigue fort les galants. Ils sont plus étonnés encore lorsqu'ils arrivent devant une maison de grande apparence, dont la porte est gardée par un factionnaire belge. La demeure d'un général, sans doute? Décidément l'aventure tourne mal! S'ils s'en tirent avec huit jours d'arrêt seulement ils auront de la chance! On les fait entrer dans un salon, où ils restent seuls un moment. Puis la porte se rouvre, et la jeune dame apparaît, accompagnée d'un officier blond, à lorgnon. - Mon ami, lui dit-elle, j'ai tenu à vous présenter ces Messieurs, à qui je suis redevable d'une des plus agréables promenades que j'ai faites depuis longtemps... Messieurs: le roi des Belges!
Les ballons et la guerre: l'aéronautique aux armées sous la Révolution française La première application de l'aéronautique pour observer les positions de l'ennemi fut faite, croyons-nous, pendant la Révolution. Le Comité de Salut Public chargea un mai de Guytin Morveau, le physicien Coutelle, de produire de l'hydrogène en grand au moyen de la décomposition de l'eau, car il avait interdit l'emploi de l'acide sulfurique pour cette préparation. On n'avait pas trop de soufre pour la fabrication de la poudre. Coutelle obtint des résultats satisfaisants, et reçut l'ordre de se mettre à la disposition du général Jourdan, qui commandait l'armée de Sambre-S-Meuse. Le physicien se rendit à Beaumoint à six lieues de Maubeuge. Arrêté aux avant-postes, il fut amené, couvert de boue, devant le représentant Duquesnoy, commissaire de la Convention. Duquesnoy était à table. Il ne comprit rien à l'ordre du Comité de Salut Public. - "Un ballon, dit-il, un ballon dans le Camp! Vous m'avez tout l'air d'un suspect. Je vais commencer par vous faire fusiller." A la fin le farouche commissaire entendit raison et envoya Coutelle à Jourdan qui l'accueillit avec empressement; mais les Autrichiens étaient à une lieue de Beaumont. On ne pouvait se livrer à des essais. Coutelle retourna à Paris et continua à organiser à Meudon le service d'aérostation qui plus tard fut employé à Fleurus. Les ballons furent également mis en usage à Bonn, au siège de Coblence, à Andernach.
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