![]() |
Voir le journal en version originale. |
![]() |
|---|
Retranscription du Tuyau, numéro 5, page 8 (12 octobre 1916)
cette activité, l'"utopie" apparaissait réalisable. Une première conférence se tenait à Genève. Seize états se faisaient représenter dans cette ville au Congrès de 1864. Et bientôt l'Univers entier adoptait à côté de l'étendard des nations, ce drapeau blanc étoilé de rouge qui place au-dessus de la colère et de la haine la pitié réparatrice. Avant de clore ses travaux le congrès de Genève déclarait que Dunant avait bien mérité de l'Humanité et s'était acquis des titres à la reconnaissance universelle. Puis on n'en parla plus, la reconnaissance universelle l'avait complètement oublié, quand certains s'avisèrent de le découvrir dans un hospice des hautes montagnes dont le lac de Constance réfléchit la cime. Il vivait là ignoré inconnu. Nobel enrichi à la faire de la p? les hommes a consacré les revenus de sa fortune à honorer ceux qui les aident utilement à vivre. Henry Dunant touchait un prix de 100 000 francs. Cette aubaine n'empêcha par le grand apôtre de la pitié de vieillir pauvre, les oeuvres à ? avaient pris son existence, elles lui prirent aussi toutes ses ressources. Mais la fondation subsiste, les événements lui ont permis de faire ses preuves et le nom d'Henry Dunant sortira de là entouré d'une telle auréole, que cette fois la reconnaissance universelle ne ? plus...
Notre Musique
Moins heureux que leur chef, qui a peut-être actuellement rejoint ses foyers, nos musiciens demeurent quelque peu déçus. Mais jeunes et joviaux avant tout, sous leur amertume perce toujours le vieil homme c'est-à-dire l'instrumentiste et ayant la chance de posséder ainsi en eux-mêmes un baume à leur douleur, ils ne se font pas faute d'en user, à leur propre satisfaction sans doute, et sûrement à celle de leurs auditeurs. Les concerts continuent comme par le passé et avec le même succès. Un programme fort éclectique serait parait-il en ce moment à l'étude. Composée en vue de l'anniversaire de la fondation de la Musique, l'exécution en aurait du avoir lieu en Juin dernier, mais la maladie d'abord, et le travail ensuite ayant tenu quelques-uns des plus indispensables exécutants à l'écart de leurs pupitres, ce n'est que tout dernièrement qu'on a pu entreprendre les répétitions. Quoique tard venu ce concert tout spécial sera nous voulons le croire accueilli avec le même enthousiasme qui avait salué, à l'époque, son élaboration. Il a été tiré à cette occasion des programmes illustrés qui à défaut d'attraits plus puissants, pourront être pour tous ceux qui portent quelque intérêt et quelque sympathie à la Musique et aux musiciens un souvenir précieux des quelques heures dont ceux-ci auront su peut-être abréger la longueur et apaiser l'ennui.
Une fugue
Il n'était bruit ces temps derniers, dans les milieux artistiques, que le disparition simultanée de la jeune première du Théâtre Larché
et du Chef d'orchestre du Groupe Musical.
Elancé, souple, la chevelure noire élégamment ramenée en arrière, le regard velouté derrière un fin lorgnon de pu cristal, de mise soignée,
le maestro que chacun a pu voir et apprécier soit qu'il manoeuvrait le soir la baguette ou qu'il confectionna le matin des pansements
impeccables, était la séduction même.
Son charme n'est cependant pas le seul attrait auquel aurait cédé la charmante comédienne, il se mêle, dit-on, à leur aventure quelque goût commun pour la
clarinette et les voyages.
Très originale, en effet, la jeune personne soufflait parait-il, à ces heures perdues dans l'instrument ? aveugles, elle poussait même la
fantaisie, s'imaginant sans doute à quelque vente de charité jusqu'à débiter, dans la journée, de menues choses à la cantine.
L'événement remonterait déjà à quelques jours.
Des témoins dignes de foi, affirment avoir vu pour la dernière fois les fugitifs ensemble au domicile de la jeune artiste qui, renseignements
pris, logeait en garni.
Les mêmes personnes, prétendent les avoir aperçus le lendemain matin, au petit jour, chargés de valises et de paquets et accompagnés d'une
petite suite, se dirigeant subrepticement du côté de la gare.
Ils avaient, parait-il, le sourire...
Notre enquête nous a permis d'établir que cette intimité, toute de forme, ne serait qu'un ? déguisé pour profiter d'un billet collectif et que
contrairement à la direction suivie en pareil cas, c'est vers leurs propres familles qu'ils s'en sont allés.
Nul doute que celles-ci n'accueillent avec joie et transport ces brebis depuis deux ans égarées!
G.J.
![]() |
Voir le journal en version originale. |
![]() |
|---|

