précédent

Voir le journal en version originale.

séparation

Retranscription du Tuyau, numéro 7, page 4 (30 novembre 1916)

séparation

(Marsouins, vitriers), les régiments anglais avaient, dès avant la guerre, des surnoms individuels dont quelques-uns ne laissaient pas d'être assez déplaisants.
Le 16e d'infanterie s'appelait le "Pacifique" aucun nom de bataille n'étant inscrit sur son drapeau. Ceux du régiment de Norfolk étaient connus sous le sobriquet de "Saints", parce que leurs anciens pendant les guerres d'Espagne avaient vendu leurs Bibles pour acheter du brandy, cognac et autres schnaps. Le 2e Royal West Surrey était le régiment des "Dormeurs", parce qu'à la bataille d'Almida il s'était laissé surprendre la nuit.
Une charge fameuse exécutée pendant une émeute avait valu aux "Life Guards" le sobriquet de "bouchers". Les soldats du 17e lanciers avaient été flétris par le rou Guillaume IV de l'épithète de "dandies".
Enfin le 76e ayant eu à l'origine sur son drapeau un éléphant si mal dessiné qu'on le prenait pour l'animal cher à Saint-Antoine portait le nom de "pigs".

Autant de puddings, autant d'Anglais ou l'ingénieux journaliste.
L'Etat Major anglais, par une discrétion qui se conçoit, a toujours omis de notifier à la presse le nombre exact des soldats dont il dispose actuellement en France. Heureusement avec une ingéniosité à laquelle on rendra hommage, le Sant Galbert Tageblatt suppléé à cette lacune voulue. Voici à peu près en quels termes s'exprime notre éminent confrère de la Suisse alémanique: "Le Daily Mail, dit-il, a ouvert avec l'assentiment de sir Douglas Kaig une souscription publique dont le produit est destiné à acheter pour chacun des soldats britanniques employés en France un pudding de Noël. Or, récemment la feuille publiait la récapitulation suivante:
Total des sommes reçues: 222 303 shillings
Somme encore nécessaire 977 697 "
Total 1200 000 shillings
Pour que chacun des Tommies qui se trouvent sur le Continent puissent fêter Christmas, il faut donc 1 200 00 sh. Si maintenant on calcule que le pudding de Noël vaut en moyenne 1/2 shilling, on arrivera à cette conclusion qu'il y a en France 2 400 000 Anglais."
Comme on le voit, le raisonnement est péremptoire, irréfutable et surtout d'une simplicité enfantine. Encore fallait-il y songer!

Les traditions dans la Marine anglaise
La Marine est traditionaliste plus que l'armée de terre et la Marine anglaise plus que les autres marines. En veut-on un exemple?
Les grades sont marqués dans la marine royale britannique par des galons. Mais les officiers ont le galon supérieur sur le milieu de la manche et il a la forme d'un petit anneau (en anglais circle. Or voici l'histoire de ce "circle".
Dans sa tentative malheureuse contre l'île de Ténérife, en Juillet 1797, le contre-amiral Nelson eut un bras emporté par un boulet espagnol.
A la suite de cette blessure et jusqu'à sa mort, Nelson fixa sa manche vide à l'un des boutons du devant de l'habit, au moyen d'un bout de galon cousu en forme de boucle et placé à 10 ou 20 cm du bas de la manche.
Plus tard quand Nelson eut été enseveli dans son triomphe de Trafalgar, tous ses camarades, portèrent en mémoire de l'illustre amiral une boucle de galon cousue à plat sur la manche. On la porte encore dans la Marine anglaise.

Humour britannique - Philosophie de tranchée
Deux Tommies, pipe à la bouche, causent:
- Bill, quelle est la différence entre un optimiste et un pessimiste?
- Eh bien, mon vieux, voilà: Quand les Allemands nous arrosent, l'optimiste se dit "Il y en a pour tout le monde" tandis que le pessimiste s'imagine que chaque obus lui est spécialement destiné.
Le Glaneur

précédent

Voir le journal en version originale.

séparation