Retranscription du Tuyau, numéro 21, page 7 (2 décembre 1915)

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- C.F.Q. suite-

L'organisation tardive d'un comité de secours a eu pour conséquence de léser les intérêts des prisonniers nécessiteux internés au camp, elle a eu l'avantage de permettre à ses organisateurs de profiter de l'expérience des comités de secours fondés dans d'autres camps. Il a été possible d'établir sur des bases solides, pratiques les demandes et distributions de secours.

Le comité du Camp de Quedlinburg a adopté le principe des envois individuels de vivres afin d'éviter toute perturbation dans la réception des denrées en cas de changement de camp ou de départ "aux Arbeits Kommandos" des bénéficiaires. Les envois collectifs laissaient en effet dans le dénuement les prisonniers lorsque, pour une raison ou pour une autre, ils quittent leur camp d'internement.

La mise en pratique de ce principe est la suivante. Le comité d'après ses fiches, signale au bureau international des prisonniers de guerre à Berne, les hommes nécessiteux en ce qui concerne les vivres. De concert ces deux comités s'occupent de les faire adopter individuellement soit par une société de secours, soit par une personne privée qui désormais pourvoit à leurs besoins. Les prisonniers nécessitent sont tous signalés sans qu'ils aient eux-mêmes à se préoccuper de se faire connaître désormais par le moyen de leur correspondance personnelle.

En attendant le fonctionnement des envois individuels qui ne peut-être mis en pratique immédiatement un stock de vivres est fourni au camp par les soins du "Syndicat du Forez". Ce stock permet de pourvoir aux besoins des nécessiteux résidant actuellement au camp ne recevant pas encore d'envois individuels en suffisance.

Peu à peu quand ceux-ci se multiplieront, le "syndicat du Forez" diminuera ses envois pour le stock de vivres, qui ne servira plus que dans des cas exceptionnels et en particulier quand un homme non secouru sera affecté nouvellement au camp.

Un stock de linge et lainage est également constitué grâce tout particulièrement à la grande générosité du "Syndicat du Forez". Le système du stock de linge a été conservé pour les raisons indiquées dans l'exposé de l'organisation des secours en France (voir article précédent).

Afin de participer aux distributions de linges et de lainages, les nécessiteux inscrits au comité n'ont qu'à présenter une demande motivée à un des délégués de leur camp, et après controle, ils voient l'objet de leur sollicitation agréé.

Les prisonniers du camp actuellement "aux Arbeit Kommandos" peuvent aussi profiter du stock, a cet effet, une circulaire explicative va leur être envoyée. Les demandes de ces hommes, en linge et en lainages doivent être visées par deux sous-officiers Français de leur Kommando pour qu'elle soit immédiatement accordée dans la mesure du possible.

En ce qui concerne les vêtements, le comité a remis aux autorités allemandes, la liste des nécessiteux actuellement au camp ayant besoin de manteaux, vestes ou pantalons. D'autre part pour les demandes d'uniformes ou de fractions d'uniformes, les sociétés françaises nous font savoir que chaque prisonnier individuellement doit adresser une demande à la préfecture de son département par l'intermédiaire du délégué de leur compagnie; Pour ce cas, comme dans tous les autres, désormais le comité ne s'occupe que des nécessiteux.

L'organisation intérieure du comité de secours est des plus simples.

Une secrétariat assure les services de l'administration et de la correspondance avec les comités, et oeuvres de secours des différentes nationalités.

Un exemplaire de fiches individuelles reste au secrétariat. Elles sont continuellement mises à jour et indique ce que chaque nécessiteux possède, ses besoins en vivres et vêtements, tous les renseignements concernant les colis et mandats qu'il reçoit, noms et adresses des personnes ou sociétés le secourant, etc...

Ces fiches permettent un contrôle facile et continuel.

T.S.V.P