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Retranscription du Tuyau, numéro 24, page 8 (23 décembre 1915)

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C'était positivement sinistre, surtout parce que cette nuit là la canonnade des forts redoublait d'intensité. Comme tous les assiégées, j'étais sans doute habitué à ce fracas guerrier.
Mais jamais, il ne m'avait paru si terrible au-dessus de moi tout là-haut, dans le sombre et mystérieux espace, c'était son continuel grondement, pareil à la rumeur d'une frele, qui interrompaient, à chaque instant, de violentes détonations d'abord répétées par plusieurs échos et qui finissaient par se confondre dans l'énorme murmure.
Ainsi que l'Orage pourtant, la canonnade a des temps d'arrêt, des haltes; et quand se taisait l'artillerie, quand la meute des monstres de guerre, cessait d'aboyer et reprenait haleine, son silence se produisait généralement très court, mais complet, absolu, et dans cette nuit si noire, dans la solitude de cette ville endormie, rien n'était plus solennel. Ce fut pendant une de ces accalmies du bombardement que soudain, j'entendis le son d'une cloche, puis de deux, puis de trois. Je me souviens de la fête de Noël. Les églises des environs appelaient les fidèles à la messe de minuit. Le bourdon de St Sulpice, tout proche, ronronnait puissamment, et lointaine, les cloches de St Séverin et de St Jacques-du-haut-pas tintaient comme les clarines des bestiaux dans la montagne.
En cette nuit de l'affreux blocus, planant sur toutes les misères, toutes les horreurs, toutes les atrocités de la guerre, elles essayaient les bonne et douces cloches, les cloches chrétiennes, de sortir la parole des anges aux bergers de Bethléem. "Paix aux hommes de bonne volonté!"
Cela ne dura que peu d'instant. Les forts de Montrouge et de Bicêtre firent une décharge effroyable, emplissant l'espace de longs rugissements, et la voix évangélique des cloches fut étouffée.
Jamais je n'oublierai la tristesse infinie, qui me pénétra. Et jamais je n'ai mieux compris et plus aimé, qu'en cette nuit de Noël de l'année 1870, la cloche de l'église chrétienne qui nous invite à la paix et à la fraternité.
François Coppée
de l'Académie Française

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Les sports

A dater de ce numéro, nous ouvrons dans les colonnes du "Tuyau", une rubrique sportive, dans laquelle au fil de l'actualité, nous tiendrons nos lecteurs au courant des performances accomplies, ailleurs que sur les champs de bataille.
Les six jours de New-York - La classique épreuve annuelle, vient de se terminer par la victoire de l'australien Grenda, qui faisait équipe avec l'Américain Hill; malgré la guerre la vieille Europe était représentée par quelques une de ses meilleurs spécialistes qui formaient les équipes suivantes: Egg, Dupyus, Sérès Linart Rudi. Russe, Léon Vaudex - Struift et Suter-Madorna.
Le vieil habitué de la victoire, Fogler qui faisait équipe avec Carmen abandonna au cours de l'épreuve.
Boxe - Le nouveau champion du monde de boxe, (poids lourds) Jess Willard qui a obtenu son titre en battant l'ancien champion noir Jack Johnson, va avoir à le défendre contre les assauts de Fred Fulton; gagnant, perdant, ou match nul, 162 500 francs lui sont assurés.
Courses à pied- Le grand marathon américain s'est couru dernièrement aux Etats-Unis, le vainqueur Partinson, couvrir la distance classique en 2h40'58''. Les deux suivants furent également des américains, Cunein et Erickem, le suédois Schuster prit la 4ème place.

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