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Retranscription du Tuyau, numéro 28, page 6 (20-27 janvier 1916)

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parce que l'hostilité acharnée de l'Albanie ne leur permettait pas de gagner la côte et de s'enfuir. Il rappelait avec une belle fierté la réputation d'héroïsme que le Monténégro s'était faite au cours de la guerre, et il concluait par quelques paroles de remerciement à la France dont l'amitié pour le Monténégro ne s'était jamais démentie. Ceci se passa mercredi, Jeudi, un coup de théâtre se produisait. L'agence Stéfani publiait la note suivante: "Le consul général du Monténégro à Rome a fait savoir ce matin de la part du Prést du Conseil Muskowitch arrivé hier soir à Brindes que le roi Nicolas et son gouvernement repoussait toutes les conditions de l'Autriche-Hongrie et que le combat avait recommencé sur tout le front."
Vendredi le consul du Monténégro à Paris faisait à le presse française une communication analogue et l'on apprenait en même temps que la reine du Monténégro et les princesses, après une traversée pénible, étaient arrivées à Brindes puis à Rome.
Samedi, toutes les feuilles françaises annonçaient que le siège du gouvernement Monténégrin était transféré à Lyon. Cependant le même jour, le gouvernement autrichien, cédant aux sollicitations de la presse allemande, qui depuis quelque temps déjà lui demandait de démentir la nouvelle relative à la rupture des négociations, annonçait dans son communiqué officiel que le désarmement des troupes monténégrines, condition, sine-qua-non de tous pourparlers de paix, était en cours d'exécution.
Dimanche, l'agence Havas portait à la connaissance du public, que le roi Nicolas lui-même était arrivé à Brindes avec un de ses fils et qu'il s'apprêtait à gagner Lyon. Le prince Mirko de Monténégro, restait dans le pays pour organiser la résistance.
Et l'agence Stefani donnait le mot, un des mots de l'énigme monténégrine en publiant la note suivante: "Nous devons porter à la connaissance du public qu'un échange de vues avec l'ennemi était devenu nécessaire avec la conquête du Loïveen (que nous avions espéré éviter) et la marche de l'ennemi vers Cettigné.
Les démarches relatives à un armistice furent faites uniquement pour assurer la retraite et l'évacuation de l'armée dans la direction de Potgoritza et de Scutari, puis pour éviter aux troupes éloignées de Podgritza, les difficultés qui les attendaient sur leur route, enfin pour gagner le temps nécessaire, à l'évacuation des troupes serbes de Podgoritza et de Scutari vers Alessiv et Durazzo. La marche des troupes autrichiennes a été ainsi retardée d'une semaine au moins.
Nous serions donc en présence d'une ruse de guerre imaginée par le roi Nicolas pour retarder l'avance autrichienne et dans la circonstance, l'Autriche, aurait joué le rôle d'une dupe. Telle est la version monténégrine officielle. Cependant peut-être le question est-elle plus complexe. Il se pourrait que le roi du Monténégro, las de la guerre et prêt à signer la paix, en ait été dissuadé par les conseils de son entourage, par ceux en particulier que lui donna le général serbe Martinovitek.
En tout cas, l'Autriche peut occuper le Monténégro, ce qui est chose faite, puisqu'aux dernières nouvelles, les Autrichiens sont entrés an Albanie et ont pris Scutari. Elle peut désarmer les troupes monténégrines qu'elle rencontre sur sa route, l'état de guerre persiste entre le Monténégro et elle, et l'effet moral qu'une paix isolée eut à la rigueur put produire sur les neutres est irrémédiablement compromis.
II. La Guerre -
(1°) Front ouest - Rien à signaler ou presque rien sur le front ouest. Les Etablissements militaires de Nancy ont été bombardés le 19 Janvier par deux aviateurs allemands, la gare et les casernes de Metz, l'ont été le 23 par une escadrille de 24 aviateurs français.
Des hydravions allemands ont, dans la nuit du 22 au 23 et dans la matinée du 23, lancé des bombes due la gare et les casernes de Douvres, ainsi que sur le hangar d'aviation du Hougham.
(2°) Balkans - Les ports monténégrins d'Antiva et de Dulcinés ont été occupés par les troupes autrichiennes qui, aux dernières nouvelles avaient pris Scutari dont la garnison serbe s'est retirée sans combattre.
(3°) Caucase - Sur le front du Caucase le succès des Russes se précise et s'accentue. Les Russes ont occupé Koprikoï sur l'Aras et poursuivent les Turcs qui se replient en déroute sous les forts d'Erzeroum. 1500 Turcs ont été fait prisonnier le 21, 1000 le 22. Des approvisionnements, des tentes sont tombées entre les mains de nos alliés, dont l'artillerie bombarde Erzeroum.


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