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Retranscription du Tuyau, numéro 28, page 8 (20-27 janvier 1916)
Nos comédiens chez eux.
Nous ne verrons plus déambuler par les camps, luisants de fards et pataugeant dans la boue, les dispensateurs de rire ou de frissons. Nos comédiens ont maintenant leur théâtre et ne livrent pas à domicile. Mais ce que la troupe perd en pittoresque, elle le gagne en commodité, et produites dans l'atmosphère même où elles auront été travaillées, les oeuvres pourront être plus aisément assurées d'une exécution soignée. Il germe d'ailleurs de grands projets dans le cerveau de l'infatigable manager, et c'est, croyons-nous savoir, par une fine comédie en 3 actes, due à la plume d'un de nos plus délicats auteurs modernes que sera inauguré le "Plateau". C'est donc à un petit spectacle d'avant-garde que nous étions conviés dimanche. Le programme qui comportait "La peur des coups" de Dozerlé était du genre gai. On ne s'est pas fait faute de le montrer. Les auteurs comiques nous ont maintes fois diverti au dépens du raisonnement féminin, primesautier, inconséquent, illogique et sublime à force d'incohérence. Voyez "La Paix chez soi" Voyez "Ne te promène donc pas toute nue". "La peur des coups" c'est tout-à-fait ça, sauf que c'est tout le contraire, puisque c'est le mari qui divague et c'est la femme qui ironise. Dans "Dozulé" on nous fait nous intéresser à l'honorable mais infortunée corporation des chefs de gare, qui s'il faut en croire la légende et les chansons, partage avec celle, non moins respectable, des meuniers, le malheureux sort des Dandin et des Sganarelle. Mais le chef de gare que nous présentait Larché est des plus complaisants, ce qui est rare pour un quasi-fonctionnaire et s'accommode très volontiers des escapades de sa femme que favorisent son avancement. Dans un role de pieux sénateur, qu'il a fait bégayer à plaisir, Pairault a déchaîné le rire. Roux très en progrès fut une compagne piquante et avertie, à qui dix ans de galanterie ont appris à réveiller chez son mari des ardeurs que l'éloignement n'avait pas complètement éteintes. G.J.
La musique
Freischutz au programme. Cela nous a rappelé les premiers temps du Groupe Musical, quand d'une médiocre Fantaisie écrite pour piano et violon, nos musiciens tiraient une adaptation pour trois violons et contrebasse, c'était le début de Mr Chatenet comme chef d'orchestre et l'époque où le critique musical du "Tuyau" était mal vu des musiciens. Que les temps sont changés! Le "Tuyau" ne dit plus que du bien de la musique et elle le mérite, notamment par cette récente exécution de l'ouverture de Freischutz qui fut excellente.
A nos abonnés des "Arbeits Kommandos"
N'oubliez pas, que, si votre travail terminé, vous êtes appelés à revenir au camp, vous pouvez rentrer en possession de la somme que vous avez versée pour votre abonnement en vous présentant tous les jours de 9 à 11h et de 3 à 5 heures au bureau de la Bibliothèque à la Kommandantur. Si vous changez de Kommando à votre arrivée au lieu de votre nouvel emploi, adressez-vous au chef de Kommando qui fera le nécessaire pour vous procurer votre journal. En aucun cas, vous ne devez perdre un seul numéro du "Tuyau".
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