![]() |
Voir le journal en version originale. |
![]() |
|---|
Retranscription du Tuyau, numéro 29, page 1 (3-10 février 1916)
Le N°10 Pfg. 3-10 Février 1916 N°29
LE TUYAU
Organe indépendant des Prisonniers de Quedlinburg.
Paraissant le jeudi
Rédacteur en Chef: J.Monjour
Rédaction Administration Baraque VI.A
Le Temple de Plutus à Paris
Autrefois, avant l'attentat de Ravachol, les étrangers qui voulaient assister à une séance de la Bourse de Paris étaient admis dans une galerie circulaire du premier étage, d'où l'on pouvait voir à son aise et loin de toutes les bousculades, le spectacle assez curieux d'une représentation boursière. Mais à la suite de l'affaire Ravachol, des lettres ayant été adressées au commissaire de la Bourse, au syndic et à certains agents la galerie du premier étage fut interdite au public. Du coup on ne vit plus les caravanes d'anglais ou autres, qui venaient admirer le spectacle gratuit qui leur était offert. Par là même, les boursiers, gais compagnons toujours prêts à rire et à s'amuser, ne purent plus accueillir les fils d'Albein par des "hip, hip, hourra!" Cela ne veut pas dire qu'il ne vient plus d'étrangers visiteurs à la Bourse de Paris. Tout le monde peut y entrer sauf les dames. On se rappelle, à cet effet, l'incident dont s'occupa la presse, qui survint en Juin ou Juillet 1913 une caravane d'hommes accompagnés de leurs épouses se faufilèrent dans les rangs de la coulisse. En moins de 10 minutes, ils avaient descendu les marches et une pluie de sachets de farine s'abattaient sur leurs toilettes. Les gais compagnons de la Bourse s'étaient amusés et pourquoi? Pour une simple brimade! Un de ces étrangers que les "Mines" intéressaient fut persuadé par un commis qu'il avait acheté 25 "Raud Mines". L'étranger eut beau protester, on lui affirma qu'ayant fait un signe de tête équivalent à une acceptation il était devenu acquéreur de ces 25 titres. Le pauvre diable, ne sachant comment se tirer de ce mauvais pas, voulut se cacher. Avec un cérémonial grotesque, on lui dit qu'il lui fallait signer une renonciation, s'il voulait se libérer. Il voulait bien renoncer à tout ce qu'on lui demandait, mais pas signer. C'est alors qu'il fut conspué et dut filer mais il était repéré. Il y a encore le coup classique de la visite au tombeau des syndics qui permet de promener inutilement dans la Bourse, le naïf qui s'y laisse prendre. Mais dans le temple de Plutus, on ne fait pas que s'amuser: des millions d'affaires se traitent journellement à la Bourse de Paris: la Bourse est devenue le baromètre des affaires. Il me semble utile que chacun connaisse un peu le fonctionnement de la Bourse. Elle eut pendant longtemps une existence nomade. Avant la Révolution, elle s'était tenue dans la partie du palais de Nevers située à l'angle de la rue Vivienne elle fut ensuite dans l'église des Petits-Pères, puis au Palais Royal. Un décret du 16 mars 1808 ordonna de construire à l'extrémité de la rue Vivienne, sur les terrains de l'ancien couvent des Filles de St Thomas d'Aquin, un édifice destiné à réunir la Bourse et le tribunal de commerce. La première pierre en fut posée le 24 du même mois et les travaux commencèrent aussitôt sous la direction d'Alexandre Brougniart. L'oeuvre allait lentement faute de fonds. Brougniart mourut en 1873. M. Labarre continua la construction qui, interrompu en 1814 reprit activement en 1821, ne fut terminée qu'en 1827. L'inauguration eut lieu un peu avant le 6 novembre 1826. La grande salle de la Bourse à 38m de long sur 25 de large, non compris les deux annexes qui furent ajoutées de 1900 et 1905 et définitivement aménagées en 1907. La vérité
![]() |
Voir le journal en version originale. |
![]() |
|---|

