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Retranscription du Tuyau, numéro 32, page 3 (2 mars 1916)

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Les faits de la semaine (20-27 Février 1916)

1° La Guerre
1° France - De gros événements se déroulent actuellement sur le front occidental. Après avoir tâté l'adversaire dans le Nord et en Champagne, les Allemands semblent avoir maintenant l'intention de lui porter un grand coup dans la région de Verdun.
Il y a déjà quelque temps que l'on pressentait leur dessin, s'il est vrai que le 20 février, le "Temps" ait signalé la présence de troupes nombreuses et d'une grosse artillerie dans le nord de la Meuse et en Meurthe et Moselle. Mais peut-être ne soupçonnait-on pas l'importance des effectifs engagés dans l'entreprise, ni le nombre des canons massés dans la région de la Woëvre. Toujours est-il qu'on se trouve en présence d'un effort extrèmement vigoureux, conduit avec énergie, et qui doit-être pris sinon au tragique, du moins au sérieux.
Les opérations ont commencé le 21 février. Les communiqués français et allemands signalent à cette date un violent bombardement au nord Verdun. Le 22, des troupes allemandes, suivant les termes mêmes du haut Etat-Major impérial, attaquaient environ à la hauteur de Consenvoye-Tzannes les positions que depuis un an et demi l'ennemi avait aménagées avec toutes les ressources de la fortification moderne pour gêner les communications allemandes dans le nord de la Woëvre.
L'attaque progressa sur une largeur de plus de dix Km et une profondeur qui par endroits atteignit 3 kilomètres. L'ennemi ajoute le communiqué allemand eut des pertes sanglantes et dut laisser entre nos mains 3000 prisonniers, ainsi qu'un nombreux matériel dont l'inventaire n'a pas encore été fait.
Le 23, les Allemands prenaient Brabant sur Meuse, Hautmont et Sanvogneux, ainsi que la région boisée qui se trouve au nord-ouest, au nord-est, et au nord de Beaumont. Le 24 ils s'emparaient des villages et fermes de Côselettes, Marmont, Chambrettes, Beaumont et Ornes. Le nombre des prisonniers faits s'élevait à 10 000 d'après le communiqué allemand du 25. Le 25, à la suite d'un assaut donné par les troupes Brandebourgeoises, le fort de DOuaumont tombait entre leurs mains, cependant que les troupes françaises dans la Woëvre se repliaient sur tout le front jusqu'à Marcheville. Le 26 enfin les Allemands annonçaient avoir pris Champonsurville, la côte de Talou, et être arrivés à l'est jusqu'au pied des côtes lorraines. Le nombre des prisonniers atteignit 15 000 d'après le communiqué allemand du 27.
Nous en sommes là. L'opinion publique en France et en Angleterre, si l'on en juge par les coupures de journaux, que la presse allemande nous met sous les yeux, ne se dissimule pas que l'heure est sérieuse, et que l'on assiste à l'effort le plus redoutable fait par les Allemands sur le front occidental depuis les batailles de la Marne et des Flandres.
D'après une dépêche de Genève au Berlinet Tageblatt (27 février) on se pressait samedi au Palais Bourbon autour de Briand et du général Galliéni pour avoir les dernières nouvelles. Les députés qui connaissaient Verdun étaient entourés dans les couloirs par leurs collègues qui désiraient savoir d'eux qu'elles étaient exactement les ressources du camp retranché. Le ministre de la Guerre résuma l'impression générale, en disant que la situation sans être inquiétante, ne laissait pas d'être sérieuse. Voici, à titre d'indication, quelques coupures de journaux français et anglais:
Le "Temp" écrit: 26 février
"Le combat actuellement en cours est extraordinairement sérieux. Au cas où l'ennemi s'emparerait des hauteurs qui se trouvent entre la côte du Poivre et le bois Labouche, il ne nous en trouverait peut-être que plus solidement établis sur la ligne: Froide-Terre-Douaumont où commencent les fortifications proprement dites. Cette ligne est toute parsemée de positions d'artillerie. Rappelons-nous que les Allemands n'investissent pas la place, mais livrent un combat à une de nos armées. La garnison de Verdun et les forts constituent seulement un point d'appui. Les canons lourds de l'ennemi pourront détruire le fort de Douaumont sans anéantir autre chose que des masses de béton".
Le "Temps" conclut: Nous conservons une


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