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Retranscription du Tuyau, numéro 37, page 4 (13 Avril 1916)
Un gala d'adieu
C'était Dimanche que Mr André Roux, la jeune première du Théâtre Larché enterrait sa vie de jeune fille. Elle fit bien les choses, et à défaut de pâture alimentaire dont sa condition lui rendait l'offre difficile, nous servit une macédoine de réjouissances qui, toute copieuse qu'elle fut, eut cependant la qualité de n'aller point jusqu'à l'indigestion. Tout passa, de la romance à la bluette, de la tirade humanitaire au monologue grivois, de chanson de Pitou à celle de Jenny l'ouvrière, des exercices bouffons aux souples travaux aux anneaux, et des soubresauts russes aux contorsions argentines. Dans la saynète de Courteline "Gros Chagrins" Mr Roux qui pour la dernière fois sans doute avant son départ en Helvétie arborait le costume féminin campa son personnage avec une adresse bien faite pour nous le faire regretter. Mais nous reste Durieu et Durieu prête à son travesti un charme aussi prenant que celui qu'il dépense à sa clarinette. Un hommage en finissant à l'organisateur du gala, connu sous le nom du "Vieil abonné", qui joint à une parfaite urbanité un sens fin et un esprit critique, et qui, quoi qu'en disent les petits camarades, sait, même en l'égayant captiver les foules. G.J.
A propos - lu par Mr Pairault au gala du 9 Avril
D'abord, mes chers amis, à tous, merci beaucoup D'âtre venus nous voir. C'est l'heure des trois coups. C'est le moment suprême où l'on relit son rôle, Afin de vous charmer ou de paraître drôle... Déjà les musiciens ont plaqué les accords, Et c'est une bruit de voix au milieu des décors Donc, on va commencer. Il faut lever la toile Mais, permettez qu'avant de soulever ce voile, Je vous dise en deux mots l'objet de ce concert, Et ne m'en voulez pas si je le fais en vers... Vite, au fait. Vous savez que deux de nos artistes, Partent pour un voyage, et cela nous attriste Nous eussions préféré qu'ils restent parmi nous, Car ce sont des amis, de bons amis surtout Ils vont aller passer une convalescence En Suisse!... N'est ce pas de bien douces vacances Alors qu'à Quedlinburg nous passerons l'été, En voyant s'allonger notre captivité? Nous nous rappellerons, qu'ils venaient le Dimanche Passer quelques instants, à monter sur les "planches" Jouant la comédie et se mettant du fard, Pour nous désennuyer et chasser le "cafard"... Nous leur devions bien quelque reconnaissance! Aussi dernièrement, en pleine séance Nous avons décidé d'organiser pour eux, Aujourd'hui neuf avril, un spectacle d'adieu. A votre serviteur fut confié le programme... Aussi, me voyez-vous, tremblant, la mort dans l'âme Craignant de n'avoir pas tout à fait réussi... En attendant, je viens vous demander, ici, De réserver, ce soir, toute votre indulgence Au bon vouloir de ceux qui vont avoir la chance, De recueillir, auprès de vous, sur ce plateau, D'unanimes bravos qui fuseront bientôt! Mes chers amis, c'est l'heure, essuyez vos lorgnettes On va rire, danser, chanter des chansonnettes Des artistes viendront même en décolleté, Et partout règnera la plus franche gaieté! C'est prêt!... Donc attention!!! Machinistes, en place! Au rideau! Larguez tout!!!! (le rideau s'ouvre) Maintenant, je m'efface, Car j'entends qu'on m'appelle, et je n'ai que le temps De donner le signal du départ. On m'attend, Je pars. Amusez-vous!... Et pendant que j'y pense, Ne m'applaudissez pas, je vous prie, on commence! J.Pairault Avril 1916
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