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Retranscription du Tuyau, numéro 37, page 3 (13 Avril 1916)

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comme le jeune, mais le jeune surtout. Actuellement, le Montmartre de gaieté est mort. Le Moulin-Rouge qui a brûlé et dont la façade seule subsisté, n'est qu'un élément disparu parmi tant d'autres. Je me souviens d'une samedi de Tabarin particulièrement réussi au printemps de 1914. La salle était comble. Un concours très réussi et un défilé bouffon représentant une fête de village avaient mis tout le monde en joie. Les batailles de serpentins, dont les couleurs vives tranchaient sur les habits noirs des hommes et les toilettes claires des femmes, donnaient prétexte à des rires sans fin. Fragson, victime d'un malheureux drame de famille, n'était plus là comme aux grands jours d'autrefois pour conduire l'orchestre, mais ses chansons étaient restée. L'orchestre attaqua pour commencer les danses l'une de ses dernières "En avant, les p'tits gas" dont le leit-motiv rappelle un peu celui de la Marseillaise. Cette marche-polka, chantée par la salle entière, en rag-time endiablé, délia toutes les jambes et fut trissée. Le prince Troubetzkwi qui à Tabarin ne s'assoie jamais, promenant parmi les groupes sa distinction aristocratique et sa gravité de diplomate, le prince lui-même daigna sourire. Bien des années se passeront avant que nous ne revoyons de pareils soirs. Tabarin n'est plus qu'un skating et de tant de p'tits gas qui chantèrent cette fois-là, beaucoup qui n'en reviendront pas sont partis en avant dans d'autres circonstances.
Lucien Vacherot

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"Le Tuyau" à ses lecteurs

Il faut évoluer pour vivre.
Les nombreuses et amères réclamations qui nous sont, ces deux dernières semaines parvenues de toutes parts, indiquent nettement que la dernière et involontaire évolution du "Tuyau" a été peu goûtée de ses lecteurs. Nous nous y attendions un peu.
Nous sommes en effet tous d'accord, la guerre seule existe, elle occupe toutes nos pensées et toute littérature qui s'alimentent à d'autres sources, reste vaine et accessoire.
Aussi, nous sommes nous trouvés fort embarrassés et nous sommes nous anxieusement demandé ce qu'il convenait de faire du "Tuyau"?
Devions-nous en interrompre la publication? Devions-nous lui assurer une orientation nouvelle?
Nous avons opté pour la seconde proposition. Il ne faut pas que le Tuyau meure! Depuis bientôt quarante semaines, il s'efforce d'alléger et d'embellir notre vie, ce serait mal à nous de l'abandonner aux heures de crise. Une fois de plus je viens jeter le cri d'alarme et les bouées de sauvetage, une fois de plus, je viens demander des crédits et confiance aux lecteurs!
Au reste, ce sont là, petits accidents de carrière et à l'heure actuelle, il est peu de journalistes de par le monde qui n'aient à tourner sept fous leur plume dans leur encrier avant d'écrire pour ne point mécontenter bonne dame Anastasie!
Que cela nous soit une consolation!
"Le Tuyau" va donc évoluer. Nos derniers Numéros se ressentaient trop de notre indécision pour prétendre donner la formule définitive du "Tuyau" futur, ils avaient besoin de l'indulgence que le public leur a témoigné, ils resteront dans nos annales les témoins d'une période de tâtonnements et de trouble vite oubliée. La crise est maintenant dénouée, des conseils nous sont venus, des collaborateurs nouveaux vont entrer en lice, les chroniques austères vont faire place à d'autres plus fantaisistes, le plaisant va succéder au sévère. L'évolution commence... elle continuera. Un peu de patience encore, ce n'est plus qu'une question de mise au point et le Tuyau rénové va poursuivre sa carrière jusqu'au jour dont je vous parlais dans sa lointaine préface, le jour tant attendu, où il publiera dans ses colonnes, l'horaire des trains qui devront nous ramener vers la vieille patrie.
J.M. séparation

La série d'abonnement de nos camarades des "Arbeits Kommando" se termine avec ce numéro. Pour le réabonnement s'adresse comme de coutume au Chef de Poste.
5 Numéros de 38 à 42 inclus 0,50 Pfg


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