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Retranscription du Tuyau, numéro 38, page 2 (27 Avril 1916)
lacs fleuris de nénuphars, bancs dissimulés dans des taillis parfumés, tout le cadre nécessaire aux galanteries. Quelle que soit l'heure à laquelle nous pourrons errer sous ces feuillages multicolores ou sur ces pelouses mouchetées de fleurs, nous ressentirons une impression de fraîcheur de de gaieté. Nous ne franchirons pas le pont à claire-voie de la laiterie sans sourire à la royale fermière qui transportait dans des pots de Sèvres le lait de ses vaches parfumées et enrubannées, nous ne pénétreront pas dans le Temple de l'Amour ou dans la Grande Grotte sans nous sentir agréablement froler par l'ombre de quelque belle intrigante. Mais si nous poussons la vieille porte où nous a conduit, à travers le Hameau, une petite route qui disparaît parfois sous les aiguilles de sapin une bouffée d'air glacial nous saisit, il nous semble entrer dans quelque cathédrale abandonnée depuis des siècles. Devant nous, s'allonge une sombre allée d'arbres immenses, longue voûte aux nervures irrégulières soutenue par des piliers couverts de lichens, son extrémité s'ouvre directement sur la campagne dont un simple saut-de-loup la sépare et nous apparaît comme une fenêtre ogivale aux vitraux décolorés. Une pénétrante odeur de mousse nous monte aux narines, nos pas n'éveillent aucun écho. Seul, de temps à autre, le vol lourd d'un faisan que votre arrivée met en fuite (n'est-ce-pas une chauve-souris?) trouble le profond silence. Inutile d'essayer de passer à travers bois, nous serions immédiatement arrêtés par d'épais taillis de ronces, véritable maquis que la hâche n'a jamais entamé. Il nous faut poursuivre notre route vers le point lumineux qui d'ailleurs nous attire. Mais à demi-chemin la nef s'élargit soudain, deux voûtes se détachent l'une à droite l'autre à gauche, toutes deux se termine aussi par une baie en ogive. Nous sommes dans le transept. L'obscurité y est moins grande que sous les voûtes, le ciel apparaît un peu au-dessus de nous. La flèche de l'antique cathédrale a du être abattue par les siècles. Quelques rares rayons de soleil parviennent jusqu'au sol recouvert de mousse et de feuilles mortes, des essaims de mouches bourdonnent, des moustiques nous harcèlent, un lièvre débouche d'une buisson et comme une flèche, traverse le carrefour. Ce sont là maintenant, les seules hôtes de ces anciennes chasses royales, cerfs et biches ont disparu. A l'extrémité de l'allée, le saut-de-loup nous arrête, c'est la limite du Grand Parc. Au-delà, la vie reprend, la plaine s'étend à perte de vue, coupée de petites routes ponctuées de toits rouges et de bouquets d'arbres, au Sud, l'école de Saint-Cyr allonge ses immenses bâtiments devant nous se dresse le clocher de Fontenay-le-Fleury au nord, la forêt de Marly barre l'horizon d'une ligne sombre. Nous suivrons quelques temps à gauche, le mur d'enceinte et, nous adossant à la Grille royale, dans l'axe du Parc, face au Château nous pourrons nous rendre compte non plus de la beauté, mais de l'ampleur de l'oeuvre créée de toutes pièces par Le Nôtre. D'un marécage, ce génial architecte a fait de somptueux jardins, il a contraint la Nature à se mettre au service du Grand Roi, il en a fait une courtisane au port majestueux aux vêtements de gala ornée des plus beaux joyaux. (A suivre) André Deslaumes
Objet trouvé
Il a été trouvé une montre en nickel avec bracelet en cuir. La réclamer à la rédaction du "Tuyau" Baraque 6A
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