Retranscription du Tuyau, numéro 11, page 4 (23 septembre 1915)

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explosion. Au premier signal il faut fermer portes et fenêtres pour se protéger autant que possible contre les gaz asphyxiants. Dans chaque maison il doit y avoir, surtout aux étages supérieurs, des seaux d'eau et des sacs de sable préparés pour le cas où le feu prendrait, une pancarte en gros caractères indiquera le plus prochain avertisseur d'incendie. Enfin il faut toutes les nuits fermer les compteurs à gaz.
Si les pilotes allemands se montrent actifs, les alliés de leur côté ne restant pas oisifs. Ostende a été bombardée par eux (comm. all du 12 7bre). Une escadrille de deix-neuf aéroplanes français a survolé Trèves (Trier) le 13 sept. au matin. Plus de cent obus ont été lancés sur la ville. La gare et la banque de l'empire (Reichsbank) ont été visiblement atteintes, dit le Communiqué français du 14 septbre. Le même jour un autre raid a été exécruré dans la région de Donauschingen et de Marbach, où des mouvements de troupes avaient été signalés. Trèves est située dans la Prusse Rhénane, sur la Moselle, à peu de distance de la frontière luxembourgeoise. Donauschingen est une petite ville aux sourves du Danube. Pour y arriver il faut remonter tout le Val d'enfer, l'étroite et longue Vallée qui, partie des sommets de la Forêt Noire, débouche dans la plaine du Rhin à Fribourg en Brisgau, et qui est célèbre à la fois par le pittoresque de ses aspects et les souvenirs historiques qu'elle évoque. Marcbach est unelocalité du grand duché de Bade au Nord-Ouest de Donaucshingen. Elle se trouve à 125 km environ de notre front alsacien. Ce sont donc des expéditions d'assez grand style qu'entreprennent les escadrilles françaises. Indiquons à ce propos que pour centraliser tous les services relatifs à l'aviation, intensifier le rendement en aéroplanes des usines, en un mot organiser la 5e arme comme les autres

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Le Mystère de la femme au Poignard (suite)

Note des Auteurs: Conne nos lecteurs ont peu déjà s'en apercevoir une erreur a été commise par nos typos lorsqu'ils ont imprimé notre premier feuilleton. Les diners mensuels de Renard et d'Aubemont avaient lieu non pas le dernier samedi de chaque mois comme on nous la fait dire mais le dernier lundi.

Chapitre III - Le Bar des Mominettes (suite)

Comme une ombre, elle glissa devant le comptoir, salua le patron d'un léger signe de tête et vint délibérément s'installer à la table où Aubemont et le jeune journaliste étaient assis. Ceux-ci puissamment intrigués s'entreregardaient bouche bée! Quelle était cette inconnue? Que leur voulait-elle? Pour quelles raisons leur avait-elle donné rendez-vous dans ce bar équivoque?
Aubemont conituant à être particulièrement inquiet et sa figure reflétait les préoccupations de sa pensée, sans doute, il avait eu une jeunesse tourmentée, ses liaisons avaient été multiples. La rupture de certains collages, tenaces, lui rappelait des scènes dramatiques, des menaces du revolver, du vitriol.
Mais tout cela c'était de l'histoire ancienne! Les délaistés avaient trouvé des consolateurs! Aubemont d'ailleurs avait coutume de trouver la vie belle, il ne s'était jamais embarrassé de crupules démodés et excessifs. La philosophie simpliste et facile de Mr Capus assurait la tranquillité de sa conscience! Tout s'arrange dans l'existence, tout s'arrange. Pour quoi fallait-il que depuis deux jours, il vécut ainsi dans le Mystère?
Et cela ne semblait pas voiloir s'arranger. La main sanglante qui la nuit précédente avait transformé son sommeil en un effroyable cauchemar, lui dansait continuellement devant les yeux. Que pouvait-on lui vouloir? Qui pouvait avoir intérêt à troubler la quiétude de sa vie et à le précipitéer dans le drame? L'Aubemont des aventures était mort! De sa jeunesse orageuse, il était maintenant séparé par trois années d'une vie régulière, conjugale et quasi-bourgeoise! A la dernière promotion, sa boutonnière s'était ornée de la rosette de l'Instruction Publique. Son récent ouvrage syr les "Vases Grecs à Images Libertines du Musée secret de Naples" lui avait valu un prix de l'Institut et assuré un contrat solide avec un éditeur. Il avait gravi la partie la plus pénible de la route qui allait le conduire à la notoriété, il ne lui restait plus qu'à se laisser aller! Dans la spirituelle et remarquable préface qu'il avait faite pour le détourage, son meilleur ami et son maître en hellénisme, le distingué et déjà célèbre professeur Chauvinot, agrégé de l'Université, ancien élève de l'école d'Athènes lui prédisait le plus brillant avenir.
"Mr Aubemont écrivait-il a su percer les mystères d'alcôve des grandes courtisances antiques, il a retrouvé leurs gestes et leurs attitudes. Il a su rendre vivante une iconographie