Retranscription du Tuyau, numéro 13, page 5 (7 octobre 1915)

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Notes sur l'hopital

Ce n'est pas à la suite d'une visite en délégation, que nous imprimons ces tuyaux. Non c'est plus simplement un petit bobo de trois semaines qui m'a permis d'étudier sur place le fonctionnement de l'hopital pour le communiquer à nos lecteurs encore non initiés. En premier lieu félicitons Mr le Médecin-Chef pour le choix de ces infirmiers, camarades charmants, ne ménageant ni leur temps ni leu dévouement, quoi que la besogne soit souvent fort peu attrayante.
A votre arrivée, l'ami Schmidt faisant fonctions de secrétaire vous pose un interrogatoire d'état-civil avec une autorité qu'envierait certain juge de ma connaissance, et tout ceci destiné à renseigner exactement les familles de ceux, hélès, beaucoup trop nombreux qui ne ressortent pas.
Donc Schmidt affecte selon les cas, les contagieux à la Baraque I, les malades internes et fiévreux à la II et les blessés à la III, baraques donc se compose l'hopital. Les visites ont lieu trois fois par jour, une le matin et une le soir par le Médecin auxiliaire, vers midi Mr le Médecin chef vient lui-même visiter ses malades. A chaque visite le Major examine, après le malade lui-même, son dossier consistant en un tableau accroché à la tête du lit, sur lequel sont notés au jour le jour les médicaments ordonnés. Ceux-ci sont distribués ensuite par l'infirmier. A cette occasion une mention à note ami Relaut, habile infirmier autant que servant pédagogue, et qui applique ses pansements avec une incomparable maestria. En ce qui concerne la nourriture les malades du régime I reçoivent en somme l'ordinaire du camp, préparé seulement avec plus de soin. Les malades du régime II ont droit à une soupe liquide à midi et le soir à l'ordinaire. Quant aux malades du régime III, leur diète les astreint à ne recevoir par jour que 3/4 de lait et un petit pain. Dans certains cas ils reçoivent une purée à midi. Chaque salle contient environ 50 lits dont un nombre assez sensible est inoccupé grâce à l'état sanitaire qui sontinue à se montrer satisfaisant. Notons pour mémoire qu'il existe à la suite du 8e Camp des baraques destinées à recevoir des malades en temps d'épidémies par

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d'avoir collaboré à cette revue que j'ai une situation officielle et je me promis d'être désormais plus prudent. Dès lors j'évitai Aymon qui d'ailleurs ne m'était pas sympathique et je lui refusai même sous un prétexte quelconque une recommandation qu'il me demanda par lettre.
- Seriez-vous surpris, interrompit Fraivrol, si vous appreniez qu'Aymon est "le professeur" dont il est question dans votre lettre ?
- Aucunement déclara le bibliothécaire mais Dupont a reçu la même lettre que moi et il resterait à prouver qu'il connaît lui aussi Aymon?
- Cela est, dit le policier, Mr Dupont en dehors de sa collaboration très intermittente au "Journal" où d'ailleurs il n'écrit pas sous son nom, collabore surtout sous un pseudonyme féminin à des journaux de mode et en particulier à "Comme la Mode vous plaira" magazine très apprécié dans les milieux mondains. Ce Aymon qui y est rentré je ne sais comment y rédigea sans demander de rémunération une chronique secondaire, celle des courses, dans le but, je pense, ce rester en contact avec une monde où il trouve la plupart de ses clients. "Le professeur" en effet est en-tre-pre-neur de crimes. Poussé soit par le vice, soit par ses idées anarchistes, soit par son amour du gain il tire pour le compte de gens hauts placés, ce qui ne veut pas dire qu'il n'agisse pas parfois pour son compte. Il encaisse de très grosses sommes et rétribue largement ses comparses, une dizaine de rabatteurs qui opèrent dans tous les mondes et une dizaine d'apaches qui se chargent de l'exécution matérielle des opérations. Autant pour prouver à ses clients qu'il est bien le réalisateur des meurtres commandés que par coqueterie de bandit, le "professeur" signe tout crime en faisant tuer chaque fois des victimes de la même façon, conformément à sa "marque de fabrique" triangulaire et chaque fois avec des armes de même modèle: de petits poignards indiens, identiques à celui que m'a présenté le docteur Grrenhollier. Plusieurs fois des complices d'Aymon ont été arrêtés; jamais ils n'ont "donné" le patron que l'on peut soupçonner, mais dont la conduite personnelle de fournit pas le plus petit prétexte pour l'arrêter. - Alors, interrompit Aubemont avec un cri de joie, Renard sera mis forcément hors de cause? Monsieur Ravier verra de suite que le crime de la rue de Turnon se rattache à des précédents?
Faivrol eut un geste évasif qui pouvait être un acquiescement mais ne répondit-pas. - Voici la place Denfet, dit le bibliothécaire après un silence et j'ai une demande à vous adresser avant d'entrer chez moi, que ma femme ne soit mise au courant de rien. Je vais vous présenter à elle comme un ami de ? habitant la Provence. Je revois de temps en temps de vieux labadens qui m'écrivent d'avance lorsqu'ils viennent passer quelques jours à Paris. Lorsqu'il s'agit d'intimes, non seulement je les invite à prendre leurs repas chez moi, mais encore je mets à leur disposition la chambre d'amis de mon appartement pour leur éviter les ennuis de l'hôtel. Je vous ferai visiter mon appartement et vous offrira cette chambre; vous pourrez donc sans troubler la quiétude de ma femme procéder chez mois à toute enquête utile. Mon épouse à l'habitude de se coucher tôt, je l'engagerai après le dîner à ne pas déranger pour vous ses habitudes en lui disant que je suffirai à vous tenir compagnie. (A Suivre). Les Six