![]() |
Voir le journal en version originale. |
![]() |
|---|
Retranscription du Tuyau, numéro 10, page 4 (15 février 1917)
Le Monument du Souvenir
Sur l'initiative du "Tuyau" appuyée de nombreux prisonniers du Camp de Quedlinburg désireux d'honorer leurs Morts, a été constitué un Comité destiné à élever au Cimetière de la Ville un Monument ayant pour but de perpétuer le souvenir des camarades alliés qui y sont enterrés. Ceux-ci après avoir répondu à l'appel de la Patrie, sont tombés en captivité par suite des hasards de la guerre et sont morts en terre étrangère après un exil douloureux, alors qu'ils s'adonnaient à l'espoir de revoir leur pays et leur famille après une longue séparation. Lorsque le temps aura fait disparaître les tombes où ils dorment de leur dernier sommeil, il faut que leur mémoire ne s'éteigne pourtant pas et qu'un Monument subsiste sur le socle duquel leurs compatriotes futurs pourront venir déposer l'offrande de leur souvenir. Le Comité a déjà choisi un projet que reproduit la première page du "Tuyau". L'exécution en a été confiée, à M.Seigneur, architecte et au sculpteur Poirier , auteur d'un des monuments élevés à Gardelegen pour répondre à la même pensée. L'emplacement du terrain offert par la Ville de Quedlinburg est connu; le plan des dépenses à effectuer est déjà dressé dans son ensemble, et le Comité n'attend plus que d'avoir recueilli les fonds nécessaires pour se mettre à l'oeuvre. C'est le devoir de tout prisonnier au Camp de Quedlinburg de collaborer à ses efforts. Chaque Chef de baraque sera prochainement invité par une démarche du Président du Comité à ouvrir dans sa baraque une liste de souscription et un appel rédigé en français, russe et anglais sera adressé prochainement à tous les Kommandos. Les marques de sympathie que l'initiative du "Tuyau" a recueillies en très grand nombre sont un sûr garant que la tâche entreprise rencontrera tous les concours nécessaires et la participation financière de tous les prisonniers. Le Comité Le 22 Janvier dernier, le Comité s'est réuni pour examiner les différents projets de Monuments présentés par M.M. Seigneur et Poirier. Après étude de chacun des esquisses, il a été procédé à un vote qui, au 2e tour, a donné la majorité absolue au projet dont les lecteurs trouveront la reproduction à la 1ere page. Chacun des détails du futur Monument a fait l'objet de nombreuses discussions et quelques modifications y ont été apportées. Le Comité espère que ce Mausolée de style grec, simple, léger, élégant, plaira à tous les Camarades.
Echos
La Guerre et les Journaux Depuis environ un mois, le "Times" est vendu à Londres, et dans tout le Royaume Uni, 15 centimes le numéro au lieu de 10 Centimes. Il faut voir là une conséquence de la hausse du papier. Placé dans l'alternative, ou de réduire son format ou d'augmenter son prix de vente, le journal londonien s'est décidé pour cette dernière mesure. On sait que le "Times" paraît sur seize pages et quelques fois sur vingt, sans compter les suppléments spéciaux. Ce n'est pas première fois que notre grand confrère modifie son prix de vente. Le 1er Janvier 1735 un numéro du Times coutait 30 Centimes, en 1794, 45 Centimes, en 1799, 60 centimes, en 1839, 65 Centimes. Au lendemain de Waterloo, il coûte 50 Centimes. En 1913 le numéro coutait 20 Centimes. Enfin en 1914, quelques mois avant la guerre le "Times" adoptait le prix des autres grands journaux du matin à Londres et se mettait à 10 Centimes, comme le "Daily Telegrah", le "Morning Post" et le "Daily News". On remarquera par cette historique l'influence que la guerre a toujours exercée sur l'augmentation des prix. La hausse s'accentue pendant les campagnes de la Révolution et surtout de Napoléon. Mais après Waterloo le journal avait baissé de vingt Centimes. La paix européenne, comme il est naturel, fournira l'occasion de réduire le prix du numéro. Mais malgré tout, le journal rapportera toujours de l'argent à ses actionnaires... "Time" is money, dit le proverbe.
Un peu de statistique Si l'on en croit une récente statistique de la Chambre de Commerce de New-York: le ville actuellement (c'est à dire, à la fin de 1916) compte 7 millions et demi d'habitants; elle s'était dans les quatre dernières années ? d'un nombre d'habitants supérieur à la population globale de villes comme Boston ou Saint-Louis; elle compte 38 000 fabriques produisant pour une valeur totale de 3 millions de dollars de marchandises; il y a à New York 250 théâtres, 100 hopitaux, 553 écoles (fréquentées par 880 000 élèves) et 198 parcs Enfin on peut dire qu'en moyenne tous les quarts d'heure les architectes jettent à New York les fondations d'une nouvelle maison. Fantastique
![]() |
Voir le journal en version originale. |
![]() |
|---|

