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Retranscription du Tuyau, numéro 11, page 6 (15 mars 1917)

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Echos de Belgique
Le grand et charmant peintre Besnard, prestigieux magicien de toutes les fééries de la lumière, a quitté la villa Médicis pour une grand mois, et après avoir participé, à Paris, aux réceptions données en l'honneur des Académies espagnoles, est parti pour un froid et brumeux pays du Nord, pour un pays fait pour un Eugène Carrière ou pour un Rodenbach.
M.Besnard est maintenant à X petit village gris et ouaté de brume où résident, on le sait, au milieu de leurs soldats, le roi et la reine des Belges. M.Besnard a eu le grand honneur d'être sollicité d'exécuter les portraits de notre illustre allié et de sa gracieuse compagne, et ce n'est pas un honneur que l'on décline.
Voilà donc M.Besnard installé, si l'on peut dire, dans une maison à moitié démolie, et où le vent souffle à peu près comme en plein air. Le canon, sans arrêt, tonne, la pluie tombe.
Ce n'est plus l'antique et divin paysage de Rome, ni son ciel tendre et majestueux. Ici, c'est la guerre. Mais M.Besnard possède tous les secrets de la lumière, et ce sont deux portraits lumineux, ardents, "royaux" qu'il ébauche déjà sous le titre "Ciel d'un pays endeuillé".
Mais il n'aura pas que deux portraits à faire! S'étant emballé, le lendemain même de son arrivée, sur la rude et guerrière physionomie d'un soldat belge rencontré, et tout de suite ayant proposé au poilu de lui faire un petit croquis, voici que tous les poilus de X veulent avoir leur portrait par Besnard.
Et il faut les entendre demander au peintre, qui, chaque jour, va familièrement causer avec eux.
"Savez-vous, Monsieur Besnard? Il faudra nous faire nous autres avec votre peinture, savez-vous?
Le Glaneur

Les Tuyaux du "Tuyau"

Le Travail des Internés français en Suisse
L'extension qu'à prise l'internement en Suisse des prisonniers français atteints de maladies ou de blessures a fait apparaître la nécessité de soustraire ces nombreux internés aux dangers de l'oisiveté. C'est ce que le gouvernement fédéral, qui a généreusement assumé leur hospitalisation et leur garde, a compris, lorsque, dans un règlement général, il a posé pour tous les hommes de troupes en état de travailler, le principe de l'obligation au travail et déterminé les conditions dans lesquelles cette prescription serait appliquée.
Un certain nombre d'internés restent inaptes à tout labeur; d'autres ont pu être placés dans le Commerce ou l'industrie Suisse, d'autres encore, étudiants, employés de commerce ou techniciens sont autorisés à suivre des cours professionnels, mais il reste un grand nombre de militaires français qui demandent une occupation. C'est pour ceux-là qu'il a paru urgent d'intervenir. Après de minutieuses enquêtes faites sur place, on s'est rendu compte qu'il convenait non seulement d'encourager et de développer les petits ateliers qui se sont déjà créés, grâce à l'initiative intelligente des internés, mais encore d'organiser de vastes centres de production, de les doter de l'outillage et des matières premières nécessaires et d'assurer l'écoulement régulier des produits ainsi fabriqués.
Pour coordonner tous ces efforts et faciliter l'organisation industrielle de ces centres de travail, un office du travail des Internés en Suisse, vient après entente avec le gouvernement fédéral de se constituer. Il a été reconnu d'utilité publique par décret du gouvernement français. Il est administré par un conseil composé de quinze membres, où à côté des délégués des administrations intéressées, siègent des représentants patronaux et ouvriers du Commerce et de l'Industrie. Il est présidé par M.Heurteaux, président des aciéries de France et vice-président du Conseil supérieur du travail, et par le sénateur Touron, président de la Chambre de Commerce de Saint-Quentin. Il a désigné comme administrateur délégué M.Borderel, président des chambres syndicales du bâtiment.
Les autorités fédérales ont donné leur assentiment à la nouvelle organisation.

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