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Retranscription du Tuyau, numéro 3, page 6 (24 août 1916)

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-"Ah! vous ne savez pas. C'est que là, dans ce hangar, mes compagnons ont du bon temps. Ils jouent aux cartes. Si je vois venir quelqu'un sans importance, je frappe doucement. Tenez, comme cela. Les compagnons ne se dérangent pas pour si peu, mais si je voyais arriver le vieux Jacky Fisher, je frapperais à tour de bras, comme sur une enclume, et si le vieux Jacky Fisher allait jeter un coupe d'oeil dans le hangar il verrait tous les compagnons travaillant avec un acharnement qui ferait son admiration.
Le vieux Jacky Fisher fit en sorte que plus jamais à Portsmouth on ne vit les compagnons de la poutre ni les sentinelles "faisant le corbeau"

***
Le général Lyautey, le résident général de France au Maroc, avait un singe et un perroquet.
Le perroquet ne savait dire que deux mots, mais il les répétait à satiété. "Charmante soirée! Charmante soirée!"
Quand au singe il ne savait rien dire du tout.
Un soir, le général Lyautey, allant dîner en ville, commit l'imprudence de laisser en tête à tête les deux animaux exotiques.
Hélas, quand il revint, vers minuit, il trouva le singe qui des plumes du perroquet s'étant fait une coiffure multicolore, s'adressait d'affreuses grimaces devant la glace, et le perroquet, à demi déplumé réfugié au sommet d'un meuble, et répétant d'une voix éteinte, presque moribonde: "Charmante soirée! charmante soirée!"

***
Les Morts célébres - L'Egyptologie française vient de perdre son chef incontesté. Gaston Maspero est mort subitement, le 30 Juin, au cours d'une séance de l'académie des Inscriptions et des Belles Lettres dont il était le secrétaire perpétuel.
Ancien élève de l'Ecole Normale supérieure qu'il quitta en 1867, Maspero préluda à ses travaux futurs, en publiant d'abord la traduction d'une longue inscription d'Abydos qui lui avait été soumise par Mariette (1869) puis peu après l'Hymne au Nil tiré d'un papyrus du Musée britannique. Elève de M. de Rougé et nomme grâce à lui répétiteur aux Hautes Etudes il lui succéda en 1874 dans sa chaire du Collège de France.
Il fut de 1881 à 1886 directeur des fouilles d'Egypte. A cette date il revint en France reprendre ses cours et occuper sa place au milieu de ses confrères de l'Académie des Inscriptions et des Belles Lettres qui l'avaient élu membre en 1883.
En 1899, à la requête du Lord Cromer qui l'appréciait particulièrement, la France renvoyait Maspero au Caire, où il est resté jusqu'en 1914.
Cette période fut la plus active et la plus fatigante de sa vie. Tout en poursuivant ses études, il eut à surveiller la construction et l'aménagement du Grand Musée du Caire, ainsi que l'organisation du service des Antiquité qui, comme preuvent le voir les voyageurs, a acquit maintenant une grande importance.
En Juillet 1914, peu avant la Guerre, Maspéro rentrait à Paris pour être aussitôt élu secrétaire perpétuel de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres en remplacement de Georges Perrot. Mais bientôt des épreuves poignantes fondirent sur lui. Atteint dans ses affections les plus chères par le départ pour le front de son fils cadet qui mourait à l'attaque de Vauquois, Maspero fut frappé d'une grave maladie qui pendant plusieurs jours mit sa vie en danger. Il ne s'en remit pas complètement. Il avait retrouvé cependant son activité intellectuelle, il reprit ses cours aux Collège de France et ses fonctions de secrétaire de l'Académie. C'est à la séance pendant qu'il s'acquittait des devoirs de sa charge que la mort l'a enlevé.
On annonce également la mort, à la suite d'une courte maladie du géographe Onésime Reclus, auteur de plusieurs ouvrages de vulgarisation scientifique. "Géographie", "La Terre à vol d'oiseau", "En France", "Nos Colonies", "Le plus beau royaume sous le ciel", "l'Atlas pittoresque de la France", "le Partage du Monde".
Onésimé Reclus était né à Orthez en 1837. Il était le frère d'Elie et d'Elisée Reclus, du professeur Paul Reclus, récemment décédé, et du lieutenant de vaisseau Armand Reclus, connu par les savantes études qui précédèrent l'entreprise du Canal de Panama.
Signalons enfin le décès du savant Elie Metchnikoff. Né en 1845, professeur à l'Institut Pasteur, Metchnikoff a attaché son nom à la théorie des "phagocytes". C'est lui qui a montré le premier l'importance dans l'organisme humain de ces éléments vivants, qui protègent le corps contre l'invasion des microbes en les englobant et en les détruisant.
Bien que très attaché à la France, où il passa la plus grande partie de son existence. Metchnikoff, qui était russe, n'avait jamais voulu renoncer à sa nationalité.


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