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Retranscription du Tuyau, numéro 4, page 4 (21 Septembre 1916)

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Echos

Le Général Kourpatkine. Le général Kouroptakine, chef de l'Armée russe du Nord vient d'être relevé de son commandement et nommé gouverneur du Turkistan. Le général Russki lui succède. (Les Journaux)
Le brave général - à nouveau en disgrâce (du moins peut-on le supposer)- aura vraiment passé par une succession rare de triomphes et de revers. Qu'on en juge plutôt par ce rapide exposé de carrière.
Soldat à 16 ans, lieutenant à 18, capitaine à 23, il fit en 1874, comme boursier de voyage, un séjour en France, qui lui laissa des souvenirs exquis, longues soirées passées dans les théâtres de la capitale à savourer de la musique et à a se griser de poésie, voyage sur les bords de la Loire, et le charme des Parisiennes et la douceur du ciel de France.
Rentré en Russie, Skobeleff qui partait déliver les Bulgares, le pria d'être son chef d'Etat-Major -"Non" - "Pourquoi?" -"J'ai aussi mauvaise tête que vous!" - "Pas du tout! Vous avez bon caractère, mais vous être entêté, j'aime ça. Je veux un homme qui, avant d'arrêter une décision, réfléchisse mûrement, et ensuite n'en démorde plus."
Kouroptakine frappé d'être di bien compris accepta. Bien lui en prit d'ailleurs d'avoir la tête dure, il y fut blessé deux fois. Une fois par accident, l'autre à Tlevna en défendant une ?.
Il revint colonel de l'expédition. On le chargea désormais des missions délicates. Envoyé au Turkestan secourir Skobeleff, il traversa 600 verstes de désert par un soleil brûlant et tomba sur l'ennemi. C'est lui qui dirigea le siège de Geok-Tépé où 8000 Russes battirent 40000 Turkmènes. Gouverneur général de la Transcapienne, il y montre des qualités remarquables d'administrateur, fondant des écoles, traçant des routes, faisant des plantations. Sa passion du théâtre se réveillant, il organisa pour distraire ses soldats des jeux, des cirques, des représentations en plein air. A Khiva, Kara-Boum, Boukhara il laissa un souvenir ineffaçable. On le révérait comme un grand sultan.
Général Major en 1890 Kouroptakine fut en 1898 appelé au Ministère de la Guerre par la confiance de Nicolas II qui l'estimait entre tous. Mais à peine eut-il pris la succession de Vannoosky qu'il aperçut les vices de l'administration centrale: incurie, indifférence aux grands intérêts de la patrie.... Dans sa rude tête le dessin s'ancra solidement de tout rénover. Il se mit à la besogne. Mais les obsatcles s'amoncelèrent devant lui. Intrigues de cour, égoïsmes, trafics, inertie bureaucratique. Dévoré d'angoisses, Kouroptakine ne fut retenu de tout abandonner que par son patriotisme et son magnifique entêtement. Il avait visité la Mandchourie, il savait les espoirs japonais, il prévoyait la guerre. Elle éclata. Et la Russie entière se tourna vers Kouroptakine. Il voulut dire "Non" comme jadis à Skobeleff. Mais il comprit que si un Russe avait une chance de réparer les erreurs passées, c'était lui-même. Il se sacrifia.
Son voyage à travers la Russie et la Sibérie fut, à l'aller, un triomphe. Dans les gares, on s'agenouillait sur son passage! Au retour, il entendit les grondements de la populace.... Et pourtant! Il avait héroïquement lutté à Kharbin, où il fournissait un labeur surhumain, et sur le Yalou, à Liao-Yang, à Moukden, il avait enflammé le coeur de ses soldats par des proclamations familières et superbes: "Soldats, si nous ne battons pas les Japonais, il nous sera impossible de rentrer chez nous, nos femmes se riront de nous" et obtenu de ses troupes des prodiges de valeur, des élans formidables... Mais de Russie il recevait des conseils d'action, il ne recevait pas de moyens d'action. Enfin après une retraite merveilleuse, il remit ses pouvoirs à Liniévitel, sur ordre exprès du tsar.
Ainsi on le rendait responsable! Kouroptakine ne voulut pas se justifier. détournant sur lui seul la colère du peuple, il signa son "testament militaire": "soldats... avant tout c'est moi qui suis coupable, moi, votre commandant en chef" Puis il s'enfonça dans la retraite.
Il en est sorti au bout de dix ans, mais pour aller, semble-t-il au devant de nouvelles déceptions. Nommé commandant du Corps des grenadiers à la fin de 1915, puis chef des Armées russes du Nord, il a du échanger ce dernier poste contre une sinécure honorifique au Turkestan.
Quelles sont les raisons à cette demi-disgrâce, on le saura plus tard. Mais en attendant avec quelle mélancolie Kouroptakine n'a-t-il pas du parcourir les pays où il venait jadis secourir Skobeleff, en un temps où il n'avait encore connu que les sourires de la fortune?
Anecdote du front britannique - On sait que dans l'armée britannique la promotion des officiers est parfois fort rapide. Partisans convaincus du


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