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Retranscription du Tuyau, numéro 6, page 3 (2 novembre 1916)
sur la tête d'une folle! Et tout rentre dans l'ordre. Au surplus, Napoléon, au temps où il était Bonaparte, avait daigné entrer en guerre contre les chapeaux en forme de casque. Une modiste présentait un jour à Mme de Beauharnais, qui n'était pas encore la femme du général, une série de chapeaux. C'étaient: un casque à la créole, en velours noirs à pointes tombantes, un casque à la Victoire en velours rose, avec broderie de lauriers d'or et visière de taffetas blanc; un casque "au héros mort", avec plume noire tombant sur l'oreille et plume blanche en saule pleureur. Le fiancé qui était ce jour là d'humeur maussade, prit les casques fragiles avec les cartons, et jeta le tout par la fenêtre. Plus tard il exécuta de même quelques toilettes. C'est ainsi que Empereur et Roi, recevant à Milan les hommages de la société, il fit retourner sans présentation une duchesse qui avait osé parer son corsage d'un aigle d'or sur foudre de diamants. Quand les aigles impériales furent enchaînées sur la pierre de Sainte-Hélène, Napoléon écrivit une phrase, une seule sur la mode: "Les femmes ramassent des parures sur les champs de bataille." Et c'est tout..." Et ce fut tout aussi, la causerie de notre philosophe s'arrêta là. Comme nous le pressions de nous donner son avis sur la mode actuelle, il baissa soudain le ton, mais son voisin le plus proche m'assura qu'il avait répondu: "Moi je pense ce que pensait autrefois Napoléon sur celle de son temps, c'est-à-dire que je suis d'accord, tout à fait d'accord avec M. de Bonnefon." P.C. presque C. J.Monjour
Le jour des Morts à Quedlinburg
Lundi dernier pour la 3e fois!, le camp a rendu hommage à ses Morts. Un détachement de 35 prisonniers français, sous la conduite de M.M. Robillard et Barrès aumoniers, est allée au cimetière où a eu lieu un service religieux. Les autorités du camp étaient représentées par M. le Major Commandant la 4e Cie et M. le Capitaine Commandant la 2e Cie. La cérémonie, quoique fort simple, a eu un caractère éminemment touchant. M. l'abbé Robillard prononça devant les tombes une allocution qui émut profondément l'assistance, d'une voix souvent brisée, en des paroles qui nous allèrent droit au coeur, il nous fit oublier nos misères personnelles pour nous amener à songer au triste sort que le destin a réservé à ceux qui dorment là. "La mort qu'ils ont bravée cent fois, les a épargnés sur les champs de bataille pour venir traîtreusement les faucher alors que l'espoir leur était revenu et qu'ils échafaudaient déjà des projets d'avenir..." Puis la maîtrise chanta un certain nombre d'hymnes religieux, De Profundis, Libera... et le prêtre-soldat bénit l'une après l'autre les tombes de nos camarades. Nous nous dispersâmes alors dans cet espace plus grand hélas! qu'il ne l'était l'année dernière et chacun de nous s'en fut se recueillir quelques instants devant la croix de bois portant le nom d'un ami disparu. Nous sommes heureux de dire à ceux de nos camarades qui n'ont pas pris part à ce pieux pèlerinage que les tombes sont toutes entretenues avec soin. Le lierre a grandi, maintenant il recouvre complètement les petits tertres sur chacun desquels avaient été déposées des couronnes de cyprès, et de houx ornées de chrysanthèmes. Bientôt nous laissâmes la place aux Russes qui, eux non plus, n'oublient pas leurs Morts. Le pope, revêtu d'une chape bleu-ciel, prononça quelques prières pendant que s'élevaient, graves et mélodieux, les chants d'une maîtrise. Le coeur serré par l'émotion, nous quittâmes petite colline où reposent déjà tant des nôtres, colline d'où l'on découvre une grande partie de la chaîne du Harz. Au delà, loin, bien loin, se trouve la terre de France pour laquelle Ils ont combattu et qu'Ils n'auront pas eu comme sépulture. Il n'a pas, cette année, été fait de collecte pour l'achat des 175 couronnes nécessaires, elles ont été offertes par la Caisse internationale de Secours du Camp qui a employé à cet effet, en le complétant à l'aide de ses propres ressources, le reliquat de la souscription ouverte l'an dernier. A.Rolland
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