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Retranscription du Tuyau, numéro 8, page 4 (21 décembre 1916)
les ducs d'Orléans, manoeuvres au cours desquelles les sapeurs devaient préparer les brèches et les artilleurs renverser les bastions et courtines. La chose n'alla pas seule, il y eut des accidents, morts d'hommes, le siège fut abandonné. Il resta à la ville des murailles éventrées, des fossés à demi-comblés où les bourgeois vinrent planter des poireaux et des choux. La Révolution de 1848 fit oublier Bapaume; sous l'Empire le génie militaire s'en désintéressa. Quand éclat la guerre de 1870, la ville avait toujours sa chemise de sûreté, ça et là trouée, on ne pouvait par l'utiliser. Les Allemands, eux n'hésitèrent pas, ils profitèrent des vieux murs et des casemates et s'appuyèrent sur ces débris solides pour résister à Faidherbe. Il restait de sérieuses parties d'enceinte au sud-ouest et au sud, les fossés avaient gardé leur profondeur. La municipalité avait d'ailleurs créé des boulevards, les Allemands en crénelèrent et en fortifièrent les maisons. Grâce à cela, grâce aussi à la répugnance de Faidherbe à bombarder une ville française, ils purent se maintenir dans Bapaume malgré leur échec aux environs. La situation n'a guère changé. Si, au Nord et à l'Est, il ne reste aucune tour de défenses, au Sud de hautes murailles, des bastions sont encore debout et dominent l'entrée de la ville par le faubourg de Péronne. On a fait de ces vestiges de l'enceinte, prise d'assaut en 1641 par le Maréchal de la Mulleraye et renforcée par Vauban un jardin public. Les Allemands pourraient s'en servir en cas de besoin. Mais leur véritable ligne de défense se trouve plus au sud, de l'autre côté de l'ancre, sur la colline de Warlencourt. Tel est du moins l'avis des Journaux allemands, car le Tuyau, malgré son désir d'être agréable à ses lecteurs, n'a pas pu s'offrir le luxe d'avoir des Correspondants de guerre.
L'Impératrice d'Autriche à Corfou Après la mort de son fils qui disparut tragiquement dans la catastrophe de Mayerling, l'impératrice d'Autriche, femme du défunt empereur François-Joseph, quitta la cour et se retira à Corfou. Elle y vécut dans une solitude d'où elle sortait de loin en loin pour faire de grands voyages, tel ce voyage de Suisse en 1898, qui lui fut fatal, puisqu'elle fu assassinée sur les bords du lac de Genève par l'anarchiste italien Luccheni. Un officier français, le capitaine de Pimodan, qui visita les Balkans en 1893 eut l'occasion de passer à Corfou, et il donne de la villa qu'occupait l'impératrice comme de la vie qu'elle y menait une description qui, j'imagine, intéresserai nos lecteurs. Je l'extrais d'un volume publié chez Champion intitulé : "De Goritz à Sofia". "La grande curiosité des environs de Corfou, dit Mr de Pimodan, est la villa bâtie depuis peu à Gastouri pour l'impératrice d'Autriche. Le site est superbe, la vue sur la mer et une partie de l'île absolument merveilleuse, le parc très beau sans avoir la magie inattendue des jardins de Miramar ou de Lacroma. La villa est une haute et lourde bâtisse sans plan général apparent, de proportions peu harmonieuses et de style néo-grec. Les murs, construits en moellons peints d'un blanc éclatant, se tâchent à la moindre humidité. Les persiennes sont vert-clair. Au-dessus de la façade, des négresses de bronze, aux vêtements dorés, portent sur leurs têtes de grosses lampes électriques. De nombreuses statues ornent les parterres, l'une d'elles m'a paru vraiment belle, c'est le fameux Achille blessé, oeuvre d'un sculpteur allemand, dont je regrette d'oublier le nom... Des bancs de marbre entourés de rochers rappellent les hémicycles si gracieux, mais si inconnues des Tuileries. Une grotte de rocailles, encadrant des miroirs, supporte le double perron qui descend à la grande terrasse. Il y a de très jolies parties, dans le monument, dont la plus agréable comme aspect et la plus pure comme goût est, sans contredit, la galerie extérieure, ornée de peintures intéressantes et supportée par des colonnes polychromes. Je ne puis parler de l'intérieur, que je n'ai pas vu, il a été arrangé, dit-on, par l'impératrice, avec un luxe artistique et une sureté de style qui font encore ressortir les leviers des architectes. Quand elle est à Corfou, la souveraine mène l'existence la plus simple, se promenant en barque, ou faisant à pied de grandes excursions dans les montagnes en compagnie du Comte Khevenhüllent, l'aimable consul autrichien. Infatigable marcheuse elle part dès le matin et ne rentre souvent qu'à la nuit tombante. D'ordinaire un serviteur la suit, portant pour toutes provisions quelques biscuits et du lait. On dit que cette année, pour la première fois, l'empereur viendra passer quelques jours à Corfou, son appartement est prêts, l'impératrice a veillé elle-même aux moindres aménagements..." L'Impératrice d'Autriche est morte. La villa qu'elle occupait, est, si nous ne somme pas dupes d'une confusion, le fameux Achilléion qui, modernisé, entièrement remanié et enrichi d'oeuvres d'art, est devenu une des résidences favorites de l'empereur Guillaume. Le Glaneur
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