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Retranscription du Tuyau, numéro 26, page 5 (6 janvier 1916)
des pouvoirs de police dans ce pays. (2°) Les départements français occupés seront rendus à la France. L'Allemagne renoncera même à demander à la France une indemnité de guerre, à condition toutefois que celle-ci lui abandonne ses créances sur la Russie jusqu'à concurrence d'une somme de 18 Milliards. Tout naturellement une des conséquences de ce traité avec la France serait la rétrocession faite à l'Allemagne par l'Angleterre de toutes les colonies allemandes et l'évacuation de Calais par l'armée Anglaise. (3°) La Pologne russe deviendra complètement indépendante et autonome sous le gouvernement d'un prince choisi par les puissances centrales. Elle paiera à l'Allemagne contribution de guerre étable sur les mêmes bases que celle de la Belgique. L'instinct qui pousse la Russie vers la mer et qui depuis des siècles dirige la politique, recevra satisfaction en ce sens, qu'un débouché sera accordé sur le golfe persique à l'Empire des Tzars. (4°) L'Italie abandonnera les îles turques qu'elle a occupées moyennant quoi le statu-quo, sera maintenu en ce qui la concerne. (5°) La Bulgarie, tout naturellement aura la Macédoine et aussi un couloir allant de Nitsh à Semendria rejoindre le Danube. L'ancienne vieille Serbie restera indépendante ou sera réunie au royaume avec le Monténégro. (6°) L'Albanie retrouvera son autonomie sous un prince de son choix. (7°) On ne semble pas avoir établi à quoi pourraient prétendre la Grèce et la Roumanie. Nous croyons que le devoir de la presse neutre est d'engager la discussion sur ces conditions de paix, car il ne peut y avoir aucun doute qu'elles ne soient encore très sensiblement aggravées, si de nouveaux événements militaires amenaient une solution en faveur des puissances centrales. Il ne faut pas se faire d'illusions à cet égard, l'Allemagne, malgré le désir très sincère et très profond qu'elle a de la paix, saisira son épée avec un courroux plus déterminé encore, si la main qu'elle tend est repoussée dans une méconnaissance si tragique de la vraie situation. Remarque: En Suisse on veut voir dans cet article un ballon d'essai lancé par les Allemands en faveur de la paix. Nous sommes autorisés à déclarer que cette supposition n'est, comme il va de soi, aucunement fondée. W.I.B. Les Allemands ne font donc pas état, comme le montre ce démenti de l'agence Wolff, de cette proposition de paix. Les puissances de l'Entente ne semblent pas, elles non plus, disposées à les étudier ainsi que le prouvent les deux faits suivants: (1°) Le Sénat Français dans la séance du 28 Décbre a adopté à l'unanimité, le projet de loi, relatif à l'appel sous les drapeaux de la classe 1917. Le Général Galléni au cours de la discussion a prononcé un discours énergique qui se terminait par les mots: La lutte ne prendra fin que le jour où la France d'accord avec les alliés pourra dire: "Je m'arrête, j'ai atteint mon but et reprends mon travail pacifique." (2°) Le service obligatoire va être établi en Angleterre. L'agence Wolf a publié ) la date du 29 Décbre la note suivante "L'agence Reuter annonce que le conseil des ministres d'hier (28 Décbre) apparaitra dans doute comme l'un des plus importants qui aient été tenu dans toute l'histoire de la Gde Bretagne. Au cours de ce conseil des divergences de vues relatives au service militaire ont pratiquement pris fin. On s'attendait à la déclaration que fit Asquith que le service militaire obligatoire était devenu une nécessité et elle fut en général bien accueillie. L'opposition contre le service obligatoire dans le cabinet est très faible et contrairement à des bruits tendancieux, on croit que les ministres qui originairement étaient hostiles à la motion resteront en fonctions. Qu'on ne s'imagine pas d'ailleurs qu'il s'agit d'appeler tous les Anglais sous les drapeaux.
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