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Retranscription du Tuyau, numéro 28, page 4 (20-27 janvier 1916)

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Les Français ont débarqué un détachement dans l'île pour préparer les cantonnements de leurs alliés.
Voici d'après l'agence Havas (16 Janv) le récit de ce débarquement: "Les opérations ont été exécutées avec ordre et rapidité, et font le plus grand honneur à ceux qui les ont conduites. Le 1er Janvier à 1 heure du main, le consul français prévint les autorités grecques de l'île qui se bornèrent à une protestation pacifique et de pure forme. Comme on le sait, il ne s'agissait pas d'occuper l'île, même temporairement, mais simplement de l'utiliser. A deux heures, l'escadre arriva. Le consul l'attendait sur le quai avec des chauffeurs et des automobiles. Le débarquement des troupes commença. Une heure plus tard, le premier détachement amené à terre, avait occupé les bâtiments du télégraphe. En même temps, on procéda à l'arrestation de deux agents autrichiens qui furent désignés par notre consul et dont l'un était à la tête d'un service d'espionnage allemand installé dans l'île. Nos croiseurs et nos cuirassés sous la protection desquels s'était effectué le débarquement, mirent aussitôt sous pression et repartirent. Le soir les soldats français étaient installés dans les casernes du nouveau fort. La population de Corfou, pleinement rassurée sur leurs intentions, leur fit un accueil sympathique. On annonça l'arrivée prochaine d'un transport de blé, ce qui fit apprécier davantage encore, la présence des troupes françaises. Les régiments héroïques du roi Pierre viendront aussitôt se refaire à Corfou. Dans quelques jours tout sera prêt pour les recevoir."
De son côté, l'agence Reuter télégraphie d'Athènes à la date du 17: "Le préfet de Corfou fait savoir que des troupes sont arrivées aujourd'hui d'Albanie. D'accord avec chefs de détachement de l'Entente, les autorités ont décidé d'envoyer les troupes dans une île qui se trouve en face de la ville de Corfou."
Le prince héritier, dit un télégramme de la même date est arrivée de Sentari à Corfou avec les officiers de son Etat-Major. Ajoutons que, à la nouvelle du débarquement des Français à Corfou, la presse allemande avait manifesté, une émotion d'autant plus vive que l'empereur Guillaume possède dans l'île un palais, l'"Achilleion". Au cours d'un très long entretien qu'il a eu avec le roi de Grèce, Mr Guillemein, ambassadeur de France à Athènes, a tenu à préciser que l'Achilleion n'avait pas été occupé par les troupes françaises. Il a également indiqué que l'état de santé des troupes serbes ne constituait en aucune façon un danger pour les Corfistes, car les mesures d'hygiènes les plus sévères ont été prises.
On ignore à combien se montera l'armée serbe une fois reconstituée. D'après une dépêche privée du "Temps", le ministre Bojowitsch aurait dit à un reporter que les Serbes dans deux mois pourraient mettre cent mille hommes à la disposition des alliés. La presse allemande considère ces chiffres comme très exagérés.
Cependant l'armée franco-anglaise de Salonique continue à loisir ses travaux de fortification. C'est ainsi que des détachements alliés ont détruit le 10 au matin, les ponts du chemins de fer sur lesquels la voie ferrée de Salonique à Serès traverse près de Demittisat la rivière Struma. Cette opération nécessaire à la défense du camp retranché macédonien a eu pour résultat immédiat de couper les communications entre les troupes grecques cantonnées dans la région du Sérès et le reste de la Grèce, d'où protestation du gouvernement hellénique.
Dans un autre d'ordre d'idées, le Général Sarrail vient d'être nommé commandant en chef des troupes alliés à Salonique. Cette nomination qui assure l'unité du commandement dans le corps expéditionnaire est appréciée en ces termes par l'agence Reuter "La nomination est accueillie favorablement sans les cercles anglais et français car on est convaincu qu'elle aura les meilleurs effets, Sarrail n'est pas seulement le plus ancien général de la place, il a encore derrière lui une carrière brillante. Quand il commandait sous Verdun, il a rendu vaincs tous les efforts tentés par le Kromprinz pour rompre les lignes françaises bien que celui-ci eût à sa disposition des troupes supérieures aux siennes. En Macédoine également il a pris l'offensive avec beaucoup d'énergie, puis il a su battre en retraite habilement d'une position avancée et difficile. Les relations entre Sarrail et sir Bryan-Mahon sont excellentes et la seule conséquence qu'aura la nouvel ordre des choses sera


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