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Retranscription du Tuyau, numéro 29, page 2 (3-10 février 1916)
de la grande salle est décorée de fresques par Albert de Pujol qui, vues d'en bas paraissent être des tentures. Deux escaliers donnent accès à l'édifice, l'un sur la place de la Bourse, l'autre sur le rue N.D. des Victoires. On remarque comme décoratifs des escaliers, les statues "Le Commerce" "La Justice consulaire" "L'Industrie" et "L'agriculture". En 1829 le palais de la Bourse et ses abords ont été cédés par l'Etat à la Ville de Paris. Les bâtiments ont coûté, y compris les annexes environ 13 millions de francs. La compagnie des Agents de Change a pris à bail la Bourse pour 60 ans à la Ville de Paris propriétaire de l'immeuble. La plus ancienne Bourse de France parait-être celle de Lyon, ensuite sont venues celle de Toulouse, établie à 1549, celle de Rouen en 1556, celle de Paris n'a été légalement constituée que 24-7bre 1724. Dès qu'il sonne midi, on entend une cloche résonner dans la grande salle de la Bourse, c'est l'annonce de l'ouverture officielle des transactions. Les agents de change ont pris place dans leur enceinte réservée, dénommée "Corbeille". Les commis envahissent les corbeilles secondaires, désignées par la valeur qui s'y traite le plus couramment (groupe de Rio-Tinto, groupe du Turc, groupe de l'Extérieure espagnole, groupe du Métro). Dans ce groupe du Métro se traitent toutes les valeurs de tramways et railways. Au coup de cloche chacun a pris sa place. On y entend des cris incohérents à ceux qui n'ont pas l'habitude de les comprendre. Agents et commis offrent ou demandent tout simplement les titres qu'ils sont chargés d'acheter ou de vendre pour le compte de leurs clients. Les professionnels saisissent au vol les cours pratiqués. A 3 heures précises (2 heures en été) la même cloche fait entendre sa voix argentine. C'est le signal de la cloture, les cours pratiqués pendant la séance (inscrits au fur et à mesure) sont revus et les derniers cours fixés. Il y a à Paris, 70 agents de changes on les appelle le "Parquet" ou la "Compagnie des agents de change". Les agents de change tiennent une comptabilité rigoureuse des opérations (le répertoire, visé par l'enregistrement tous les 5 jours). Leurs droits de perception sont de un huitième un quart f?rent. Les agents de change ont un monopole. Une charge d'agent de change vont de 2 à 4 millions; ce qui explique que les titulaires soient obligés de s'adjoindre des associés pour acheter certaines charges: d'où le nom de huitièmes quarts d'agents de change. Mais la chambre syndicale de cette corporation ne reconnaît que l'agent responsable nommé par le ministre des finances sur la proposition du "Syndic de la Cie". Comme les agents ne peuvent être partout, ils sont autorisés à être remplacés par des teneurs de carnet, mais sous leur propre responsabilité. Quant aux coulissiers (la coulisse est un parquet extra légal) ils font ce que font les agents de change à condition de ne traiter que sur des valeurs non inscrites à la côte officielle par le Parquet. En un mot les valeurs sont cotées au Parquet et en coulisse. Cependant le 3% se traite également en coulisse principalement à terme. Les remisiers sont des boursiers qui possèdent une clientèle personnelle et apportent au parquet et à la coulisse les ordres reçus et touchent comme rémunération une remise sur les courtages. Enfin dans le public qui fréquente à la Bourse, il faut enregistrer ceux que l'on désigne communément sous le nom de "Boursiers" et qui comprennent les banquiers, les grands et les petits spéculateurs et tous ceux qui vivent dans le temple de Plutus. Ceux-ci louent à la Cie des agents de change des boxes et des strapontins, loués annuellement 3 à 400 francs. Il y en environ 300, il y a également 32 cabines au prix moyen de 2400 francs l'année. Au sous-sol, se trouvent les nombreux guichets télégraphiques, les cabines téléphoniques d'où l'on apporte à la province et à l'étranger les cours Chaque boursier a d'habitude une adresse télégraphique ce qui lui permet de recevoir ses ordres en pleine Bourse. (A suivre) Ernest Kimpflin
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