Retranscription du Tuyau, numéro 3, page 5 (29 juillet 1915)

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Comment les Anglais et leurs alliés traitent leurs prisonniers. (Gazette des Ardennes, n°57)
"Mais rien n'approche en horreur le récit de ce fonctionnaire qui écrit : Non loin de moi un missionnaire a été haché à mort par des nègres anglophiles qui dévorèrent un sous-officier allemand avec quatre soldats indigènes."
"Un détachement allemand a d'ailleurs surpris quelques-uns de ces mêmes alliés de l'Angleterre en train de préparer de la chair humaine et de ronger des os d'européens."
R.S.

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Echos

La deuxième de nos fêtes a eu lieu Dimanche 25 dans la baraque 6B. La première avait été un succès, la deuxième fut un triomphe. L'orchestre fut lui-même, c'est-à-dire talentueux. Quelques musiciens poussèrent la gentillesse jusqu'à jouer toute la journée des tangos, des valses, le répertoire habituel des tziganes et par le brio nerveux de leur jeu ravivèrent en nos âmes nostalgiques le souvenir du Boulevard. le Bar des "Rescapés" ne désemplit pas. Perrot fut aimable. Depretz insinuant et Aramburu bien drôle avec sa mine de petit lièvre fûté, son pas feutré et ce costume blanc qui me rappelait - ô irrévérence! - le complet immaculé dont - au temps de ma jeunesse lointaine - Chocolat, au Rousseau cirque, aimait à souligner la noirceur de son teint.
On se sépara fort tard. Et chacun s'en fut chez soi, très content de la journée, et fort reconnaissant aux organisateurs de la fête.
Une étrange caravance a traversé le 27, le camp de Quedlinburg sous les yeux légèrement gouailleurs des sentinelles. Derrière le majestueux et assyrien Mr Chatenet, s'avançait le mince Mr Kircher avec sa grosse contrebasse et le gros Mr Haustete avec sa petite flûte, le bruyant Mr Ranchin, le talentueux Mr Coupel, en un mot tous nos virtuoses, suivis de quelques seigneurs de moindre importance, sergents ou interprètes qui portaient des pupitres où même comme dans la chanson, ne portaient rien. C'était la musique qui s'en allait à l'hopital. Aimablement reçu par Mr le Stabourgt et ses auxiliaires, elle fit entendre aux malades qui la remercièrent de cette délicate attention, quelques uns de ses meilleurs morceaux. Et par la même route, passant sous les yeux légèrement gouailleurs des mêmes sentinelles, l'assyrien Mr Chatenet suivi du mince Mr Kircher, du gros Mr Haustete, et des quelques seigneurs de moindre importance, sergents ou interprètes qui portaient des pupitres ou ne portaient rien, s'en revinrent se faire boucler au camp.

Le photographe
"Il" est venu. On l'attendait depuis si longtemps qu'on ne l'attendait plus. Il a fait très bonne impression. Gentleman et presque gandin, le geste sobre et autoritaire, parlant peu, mais parlant bien, il nous a donné une haute idée de la bourgeoisie commerçante de Quedlinburg. Il nous a donné une moins bonne idée de l'art photographique en Allemagne.

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Lettre de Province

Nous recevons d'un aimable transfuge du 1er Camp, maintenant interprète au 4e, la lettre suivante à laquelle nous sommes heureux de donner l'hospitalité de nos colonnes. Désormais d'ailleurs, comme le "Tuyau" tend de plus en plus, porté sur les ailes de la gloire, à franchir les fils barbelés qui séparent les différents camps et à devenir l'organe de tous les prisonniers de Quedlinburg, nous réserverons une place dans chacun de nos numéros pour des communications dans le genre de celle de Mr V... (quelle étourderie ! J'allais trahir son incognito)
N.D.L.R.

Si le camp I justifie son rang par sa musique hors de pair, son jeu de pelote basque et surtout son "Tuyau" (Pourvu qu'il ne nous tombe pas sur la tête, mon Dieu), le 4e mérite cependant une mention spéciale dans les annales mondaines et théatrales du tout Quedlinburg. Trois salons se partagent la faveur des habitués, le salon Proost- Mundler successeur, où l'on cause philosophie, le salon Genillier-Vacherot, célèbre pour ses mystifications, et le salon des bridgeurs réunis où toutes les armes sont représentées.
(Mr le Comdt Lippens directeur, Mr le capitaine Batterie, le plus bel artilleur de France 1er adjoint. Les