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Retranscription du Tuyau, numéro 36, page 3 (6 Avril 1916)
Echos
Vingt-deux de nos camarades, blessés et fait prisonniers à Malaucourt près de Verdun, sont actuellement en traitement à l'hôpital de Quedlinburg. Nous avons pu nous procurer leurs noms que nous publions ici. Lieutenant Jean Baptiste Jouffray 10 Cie 106 Territ d'Infanterie Lieutenant Albert Fournet 9 Cie du 111 Territ d'Infanterie Lieutenant Prosper Boudon 1ère Cie du 111 Territ d'Infanterie Joseph Coindon soldat 1ère Cie du 105 Territ d'Infanterie Charles Guichard caporal 12 Cie du 106 Territ d'Infanterie Jean Ciadons soldat 21 Cie du 211 Territ d'Infanterie François Hadèvre soldat 53 Regt d'artillerie 116 Batterie Pierre Leprivey soldat 9 Cie du 70 d'Infanterie Cesar Demontes soldat 1 Cie du 111 d'Infanterie Jean Perrussel soldat 12 Cie du 16 d'Infanterie Louis Monlier mitrailleur du 106 d'Infanterie François Guellec caporal 20 Cie du 270 d'Infanterie Emile Fresques adjudant 9 Cie du 141 d'Infanterie Henri Garrant soldat 8 Cie du 92 d'Infanterie Jean Baclet soldat 3 Cie du 105 d'Infanterie Aug. André Desmon adjudant 23 Cie du 258 d'Infanterie Emile Dormeck soldat 4 Génie 74 section (projecteur) Lucien Robert adjudant 1 Cie du 105 d'Infanterie Mohammed ben Ab-del-Kerdor 9ème tirailleur algérien Kadi Msaot 9ème tirailleur algérien Kan Sori 9ème tirailleur algérien Lassen ben Saïd 9ème tirailleur algérien Nous souhaitons à nos camarades, dont quelques-uns malheureusement ont été assez touchés - l'un deux à la langue coupée et peut-à-peine avaler - de se rétablir promptement et nous leur adressons ici nos meilleurs souhaits de bienvenue.
Une armée de lettrés
C'est celle de Salonique. Il parait, dit le Cri de Paris (Frankfurter Zeitung du Dimanche 2 Avril 1916) qu'un grand nombre d'écrivains ou d'artistes français, cédant à l'attirance magique de l'Orient, ont demandé à faire partie des troupes du général Sarrail. On trouve actuellement à Salonique Jacques Richopin qui sert comme aviateur et Pierre Mortier qui est attaché à un Etat Major, Jean-José Frappa et Riciotto Camundo, tous deux lieutenants et Henri Bernstein, interprête près du corps anglais des Balkans. Le même phénomène s'était déjà produit lors de l'expédition des Dardannelles. Une des victimes de cette opération ingrate fut le capitaine Gabriel Leroux, ancien élève de l'école d'Athènes et professeur d'antiquités grecques à l'Université de Bordeaux qui avait été affecté sur sa demande au 175e d'infanterie. *** Quelques uns de nos camarades, sur le point de partir en Kommando, sont venus nous demander si la Bibliothèque du "Tuyau" ne pourrait pas leur faire parvenir dans leur nouvelle résidence quelques-uns de ses volumes. La démarche nous a flatté. Il était difficile de nous faire sentir plus délicatement qu'on nous supposait capables de tenter même l'impossible pour satisfaire notre public. Malheureusement des difficultés de tout ordre nous empêchent de donner suite à cette demande. Que nos camarades d'ailleurs se consolent. Ce que nous ne pouvons faire, d'autres le font. La Bibliothèque officielle du camp, qui a forcément plus de facilités de tout ordre que le nôtre, envoie des livres aux travailleurs des Kommandos. Ceux-ci pour s'en faire prêter, n'ont qu'à s'adresser à leur chef de poste, en spécifiant quel genre de livres ils désirent recevoir (Livre religieux, Voyages, Littérature, Théâtre, Science). Le chef de poste fait une demande à la "Liebesgaben Kommission" (Unter abteilung Bücherei) qui envoie au prisonnier un volume choisi dans la catégorie de livres indiquée. Les livres ne doivent pas être conservés plus de huit jours. Ce délai passé, le prisonnier est passible d'une amende de 0,05 pfg par jour. Ajoutons que cette bibliothèque qui s'enrichit d'ailleurs de tous les doubles de celle du Tuyau est maintenant assez complète et variée pour satisfaire les plus exigeants.
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